
Sunset – Odilon Redon
Écoute le coucher du soleil
L’affaissement de toutes les merveilles
Sous la voûte, les jaunes sont aphones
Dernière surbrillance autochtone
.
Nucléaire, iridescente, envoûtante
Exposés en aurore étonnante
Boréalisés en palette de Maître
Électrisés sous le cintre, en épithète
.
Et les jaunes tournent à l’ocre
Capital, un new Newyork
Et les ocres deviennent fous
Virant au carmin en figure de proue
.
Et les derniers sombres des vertes prairies
Qui résistent et phosphorent alanguis
Tentant de contraster encore un moment
Avant d’abdiquer devant ce coucher flamboyant
.
Écoute ce crépuscule incandescent
Qu’il te saisisse dans tes rêves d’éblouissement
Sur la magnificence de la nature suprême
Et sur l’humilité, que tu te dois de porter en carême
.
Entends chaque nuance de l’arc en ciel dans son triolet
Les cris des violets proches du bruit des piolets
Entends cette montagne céleste qui tempête
Ces bouillonnements de couleurs qui l’entête
.
Obéis à l’œil de cette turgescence
Elle te dit de colorer jusqu’à ton enfance
Elle t’incite à palettiser tous tes projets
Ô ! Coucher du soleil, dans ma tête, tu fais entrer tant d’été.
Didier d’Oliveira