Ainsi, il était arrivé au pouvoir. Lui, le dictateur de la transparence, celui qui avait promis au pays de révéler tous les secrets, ce qu’il nommait les turpitudes des autres… Car bien sûr, c’était toujours chez les autres, que se logeaient le mensonge, le secret qui spolie, empêche, vole, et détruit… Les gens étaient devenus de plus en plus intransigeants, exigeants toujours plus de révélations, de dévoilements, et partant, plus de sanctions, d’emprisonnements.
Lire la suiteLaurence Balguérie
bonjour monsieur,
Comme vous l’a indiqué votre avocat, je suis tout à fait disposé à favoriser une conversation entre nous, qui peut devenir quotidienne si vous le souhaitez. Elle aura pour but de vous permettre quand vous aurez purgé votre peine, de reprendre votre activité d’écrivain. Afin de favoriser le déploiement de votre imaginaire, je vous conseille quelques films qui vous aideront peut-être dans vos tâches :
Lire la suiteà cache-cache…
Les amants qui se cachent, Caméléons habiles
Dans les recoins des villes, Alertes et agiles
Sèment sur leur passage Cent indices futiles.
Le jaloux n’a de cesse, Habillé de colère,
De traquer, le plaisir Exhalé de la chair.
Ainsi le paradis Renvoit-il à l’enfer.
Laurence Balguérie
Julia sur la route
Et puis nous sommes partis… ensemble, toujours, même si très séparés quand
même ! J’étais si mal intérieurement, si tourmentée par notre histoire inaboutie
Nous avons repris sa voiture et laissé derrière nous Ariane et sa dépression. Ariane
et ses médicaments, Ariane et ses histoires compliquées, attirantes et diaboliques,
son passé d’artiste, ses sculptures inachevées, ses peintures tourmentées. Et tout
cela pour quoi ? Pour qu’elle finisse son parcours en hôpital psychiatrique, pour
qu’elle s’abîme dans des TS mutilantes… pour qu’elle nous apparaisse maintenant
comme absente définitivement à elle même, une femme molle, au regard vidé de
ce qui faisait sa substance, son énergie. Elle avait été mon amie, si proche, si
intime…
A l’écoute
Immobile et secrète, ce chant d’oiseaux printanier m’absorbe. Caresse du vent
frais sur mon visage et des rayons du soleil d’avril.
Au loin les ambulances veulent me détourner, me ramener à ma condition, à ces
jambes qui ne me portent plus, comme deux tiges mortes, inertes.
Envole toi encore, petite âme douloureuse, monte en haut de cet arbre, rejoint cet
oiseau et sa trille, vers le bleu du ciel, vers la mer immense, familière aux mouettes
et aux rudes marins.
Toi, toi, mon toi…

Je te regarde et toi, comme souvent tu regardes ailleurs… Tu es assis à ton
bureau…à mon bureau plutôt, et tu écris … mais qu’écris tu ? À qui ?
Tes jambes, sagement repliées sous ta chaise, ton grand corps penché et absorbé
dans la tache, ton costume sombre des jours ordinaires… tu écris et tu ne me
regardes pas… Je te fixe pourtant … mais tu ne vois rien, de mon désir, de mon
corps qui t’espère… de ce lit bleu, de ma chair dorée, lumineuse.
A la lisière des poèmes… l’acrostiche
A contretemps
La belle indifférente se prélasse à la
Lisière et éreintée
De tant de nostalgie
Monte sur son cheval de
Cœur et de pique et enlace
Les souvenirs de ses
Sentiments les plus fougueux qui
Battent la campagne de ses désirs
La vérité sort intacte de cette
Chamade colorée
A mon cœur défendant
La souffrance déchire la
Lisière de mon désespoir
De fil en aiguilles
L’adolescence éclabousse
Tous Les rêves et révèle
Les mille feux
Possibles et impossibles où
Sont tapis les chimères du
Permis de vivre
Laurence Balguérie