
Sunset – Odilon Redon
Dans le crépitement du ciel embrasé
Claquent les rayons incandescents
Comme un feu d’artifice géant
Lire la suite
Sunset – Odilon Redon
Dans le crépitement du ciel embrasé
Claquent les rayons incandescents
Comme un feu d’artifice géant
Lire la suiteGaité –> [ a ]
« Ah, Ahreu, papa, mam » le baby parle droit dans les yeux
Gaité –> [ i ]
Hilarant, irrésistible, impayable, désopilant, inénarrable ! Il fait bon rire.
.
Lire la suiteLe village marocain est comme sculpté dans l’argile rouge de la montagne. Quand on s’approche on découvre des maisons séchées, craquelées par le soleil. Des pans de murs sont fissurés, des toits, des cheminées sont tombé.e.s. La terre, en poterie, quand elle est cuite une fois s’appelle biscuit. Cela ne se mange pas mais le mot exprime sa fragilité. Certains villages de cette région sont devenus avec le temps des ruines inhabitées, fantomatiques. Les cigognes ont construit leur nid en haut des tours restées debout.
On raconte que dans l’un de ces villages vit encore une vieille dame. Personne ne connaît son âge. Mais sa peau est translucide comme la porcelaine chinoise. Le soir, il paraît qu’on peut l’apercevoir devant sa porte quand la chaleur est moins forte. Elle est assise, les yeux mi-clos. Le soleil couchant fait miroiter des reflets dans sa chevelure, toutes sortes de couleurs inattendues comme celles des émaux sur les poteries sortant du four. Son fils était potier. Il pratiquait son art comme ses ancêtres l’avaient fait avant lui pendant des millénaires. Il modelait avec dextérité la matière molle et douce sur un tour à main. Il pétrissait la terre arrachée à la montagne, qui, dans ses mains se transformait en objets aux formes harmonieuses. Qu’est-il devenu ? Revient-il ici ? Est-il toujours vivant ? Et cette femme existe-t-elle ? Comment peut-elle survivre ?
Certaines légendes disent qu’il est devenu le Dieu des potiers. Il inspire toujours les artisans qui exercent cet art ancestral. La vieille dame serait la gardienne du lieu et de sa mémoire, la semeuse d’histoires.
Dominique Pierre.
Depuis ma jeunesse les livres ont semé
Des graines héritières et messagères
D’histoires de soleils de chagrins
D’aventures de pays lointains
Elles ont germé sous le vent
Métamorphosées au cours du temps
Lire la suiteFolie de la guerre
Depuis des mois ils étaient enfermés dans ce campement retranché, un endroit perdu ignoré des guides touristiques. Une vraie guerre de tranchée faisait rage. Ils attendaient à l’affût, tendus comme des arcs. Ils n’entendaient plus les chants d’oiseaux. Y-avait-il encore des oiseaux ?Étaient-ils tous partis ?Étaient-ils morts ? Les hommes, eux ne pouvaient pas fuir.
Lire la suiteQuand la foudre ramasse ses outils dans les carrières désertées, quand à ses côtés j’apprends à regarder les méandres des arbres, quand une fontaine gothique côtoie les graffitis d’un théâtre municipal, quand mon corps aussitôt reconnait sa danse et que je ne suis plus un corps mais une rue,
Lire la suiteÊtre dérouté.e par l’inhumanité. Mon esprit voltige entre les mots sans trouver un sens ni une direction. Le rire est bon pour la santé ; prescrire une dose suffisante par jour. Sur la page du chemin la divagation sauve de la monotonie. Il chasse les mauvais rêves, dans l’eau claire du matin. Encadrer maître mot des contrôleurs.
Dominique Pierre
Tolède 1er Juillet 1980
Mon cher fils,
Je t’écris aujourd’hui car j’ai pensé très fort à toi ces jours-ci en feuilletant un livre sur le Greco. Je me suis arrêté sur ce célèbre tableau « Vue de Tolède », littéralement fasciné.
Ce tableau peint entre 1597 et 1600 est tellement moderne et saisissant ! On y voit un paysage, plongé dans une semi-obscurité sans aucune couleur chaude, sans personnage, rarissime à son époque. La ville évoquée par une ligne de bâtiments dessinés en blanc serpente en hauteur au-dessus des lacs, des forêts et domine le Tage. Le ciel surplombant le tout est aussi inquiétant, formé de nuages allongés bleus et blancs avec une trouée comme après un orage. Il s’en dégage une intensité dramatique, une mélancolie en accord avec mon état d’esprit. Il a fait surgir un flots de souvenirs chaotiques, à la fois gais et tristes. Lire la suite
Je vois l’enfance
Je vois la balançoire et le lait crémeux
Je vois les parents disparus
Je vois une prairie à l’odeur de foin
Je vois les pommiers en fleurs
.
Je les verrai toujours dans mes souvenirs Lire la suite
A l’ombre des arbres au feuillage couleur d’ambre entourée de fougères tapissant la forêt je rêve que le monde sorte de la nuit débarrassé des canons et des guerres que la blanche colombe reprenne vie libérée et s’échappe de l’orgue de barbarie comme un poème de Prévert.
Dominique Pierre