Le doute en cadavres exquis

Aucun doute l'hiver n'est pas encore fini. Il fait froid. Il n'y a plus de saison, ma brave dame...! Il n'y a plus de saison ! Quel tracas! Tu as bien raison... il y en a de gros, de maigres, de beaux, de moches, de cloches ou de croches, j'en doute! 
Le doute subsiste, le doute m'habite, sans ménagement aucun... ménagement, déménagement, j'en doute aussi mais il faut toujours se poser des questions. Pourquoi faire? Je préfère me taire! Ah non je m'y oppose fermement! L'important c'est pas la rose, c'est de retomber sur ses pattes!
Dans le doute qui te saisit abstiens-toi! C'est hors de question, j'y crois encore. Quelle naïveté! Croire en quoi d'abord? peut-être en une histoire de sortie en barque ou en vélo. Et pourquoi pas en calèche aussi? C'est plus romantique... finalement c'est mieux ainsi
Comment appelle-t-on les gens qui doutent ? Les douteux, les malchanceux qui se balancent au bout d'une corde qui leur encercle les poignets comme des bracelets colorés faits maison, sans toi, sans loi... reste la foi. De quelle foi parles-tu? Mon foie, ma foi, des fois ?
Où suis-je ? Dans quel état j'erre comme une âme en peine! Je divague ! Pour ma part, j'aime bien ce verbe, il se conjugue à tous les temps pourvu qu'il commande en bel officier de marine orientale... comme le taboulé sans poulet! 

Sous le masque

Maria. Elle s’appelait Maria. On s’est rencontré à la faculté de droit Nous étions l’une et l’autre deux étrangères dans ce pays de froidure. J’avais perçu son accent, d’où viens-tu ? De Pologne me dit-elle en esquissant un sourire. Maria, je l’aidais à prendre des notes, à décrypter des tournures de phrases un peu complexes. Maria, une énigme pour moi. Je trouvais étonnant de venir de Pologne. Pour moi ce pays se baladait sur des airs de Frédéric Chopin. Nicolas Copernic, astronome, affirma que la terre valsait autour du soleil, tandis que Marie Sklodowska-Curie découvrait la radio activité.

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Mes abris

D’aussi loin qu’il m’en souvienne, j’ai toujours été attirée par la construction d’abris. Que ce soit dans ma chambre ou dans les arbres, c’était une nécessité absolue. M’isoler pour protéger mes secrets, m’isoler pour passer inaperçue, m’isoler pour éviter les reproches incessants quant à ma tenue, mon soi-disant manque de volonté face à toute adversité. Je pouvais ainsi lire tranquillement mes romans d’aventure et en cachette m’accoutrer comme un pirate, un cowboy ou un cosmonaute sans m’attirer les foudres de mes parents qui, très conservateurs, n’imaginaient pas leur petite fille avoir des idées d’ailleurs.

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Le dictateur de la transparence

Ainsi, il était arrivé au pouvoir. Lui, le dictateur de la transparence, celui qui avait promis au pays de révéler tous les secrets, ce qu’il nommait les turpitudes  des autres… Car bien sûr, c’était toujours chez les autres, que se logeaient le mensonge, le secret qui spolie, empêche, vole, et détruit… Les gens étaient devenus de plus en plus intransigeants, exigeants toujours plus de révélations, de dévoilements, et partant, plus de sanctions, d’emprisonnements.

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Mail

bonjour monsieur,

Comme vous l’a indiqué votre avocat, je suis tout à fait disposé à favoriser une conversation entre nous, qui peut devenir quotidienne si vous le souhaitez. Elle aura pour but de vous permettre quand vous aurez purgé votre peine, de reprendre votre activité d’écrivain. Afin de favoriser le déploiement de votre imaginaire, je vous conseille quelques films qui vous aideront peut-être dans vos tâches :

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à cache-cache…

Les amants qui se cachent, Caméléons habiles

Dans les recoins des villes, Alertes et agiles

Sèment sur leur passage Cent indices futiles.

Le jaloux n’a de cesse, Habillé de colère,

De traquer, le plaisir Exhalé de la chair.

Ainsi le paradis Renvoit-il à l’enfer.

Laurence Balguérie

Cachons-nous

Non, ne t’épuise pas, confondue que tu es,

Ne renonce pas plus à cet amour qui naît.

Comme toi, je lutte, comme toi, tout me nuit,

Comment leur avouer, hurler ce qui en nous, luit.

Fille de notre mère et sang de mon bonheur.

Cachons-nous, il le faut, renions leur laideur.

Didier d’Oliveira

Trouver un pont…

Le taxi bringuebalant s’arrête au chekpoint. Le chauffeur barbu et sombre présente son laisser-passer à l’homme à la mitraillette. Sa tête pénètre à travers la vitre baissée,  son regard scanne les présences. A l’avant, une silhouette noire, couverte du tchador règlementaire d’où n’émergent que deux yeux sombres apeurés et striés de rouge. C’est une  femme dont on devine sous l’uniforme une protubérance. Elle souffle  le plus discrètement possible avec une régularité entraînée,  le regard fixé sur la route. 

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