Des cuisines…

La cuisine de Mémé à Ger.

Une petite pièce sombre, l’évier était magnifique, en pierre grise taillée dans la masse mais sans robinet, et oui… pas d’eau courante. Le broc rouge trônait à coté. On allait le remplir à la fontaine, et souvent on s’arrosait un peu. La cheminée, qui fumait et noircissait tout, on se collait dedans, sur le banc avec les cousins, pour se réchauffer, se sécher, et écouter les histoires de sorcières que nous contait Mémé.

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Des cuisines et des chambres …

Dans la cuisine de ma grand-mère paternelle, il s’en passait de drôles de choses notamment la mise à mort de poulets. C’était tout un cérémonial auquel j’aimais assister même si je n’aurais pu me résoudre à le faire moi-même. Malgré tout, j’y participais un peu lorsque ma grand-mère me demandait de tenir par les pattes le supplicié pendant qu’elle enfonçait consciencieusement au bon endroit le couteau. Mon grand-père lui, tenait l’assiette à soupe qui recueillait le sang bien chaud et se régalait déjà de la sanquette qu’il dégusterait le soir même.

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Récolte de mots

Autant qu’il m’en souvienne l’apprentissage de la lecture fut pour moi simple et facile. Je découvrais la magie des mots auprès d’une vieille dame habillée de noir, chignon serré gris au ras du cou. Chacune notre tour nous allions auprès d’elle dans la cour de l’école sous le figuier collé au puits. L’abécédaire ouvert sur les genoux je suivais avec le doigt chaque lettre, syllabe, mot, je les ânonnais, je les collais les uns aux autres, je les marmonnais.

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Au crépuscule

Il m’arrive assez souvent de me promener aux dernières lueurs du jour. Mes pas aujourd’hui me portent vers le cimetière situé au-dessus de l’école primaire. Évidemment je ne rencontre personne, seul le hululement des chouettes résonne et apporte un peu de vie. Tout naturellement, sans même y avoir pensé, je m’approche de la tombe de mon père lorsque tout à coup, des feux follets accrochent mon regard.

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Au crépuscule…

Un homme, plus vieux que jeune et vraiment plus âgé, pense à sa jeunesse et à ses projets avortés. L’absurdité de sa vie le prend aux tripes. Alors il se couche, s’allonge sur le sol bien dur, il refuse le lit, théâtre d’amours disparues et de rêveries érotiques. Le souvenir de celle qui l’a tué l’envahit. Et cette voix à la Gréco qui revient On apprend tant de choses sur un homme, dans un lit ! Bien plus qu’en l’obligeant à divaguer pendant des semaines sur un divan.

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