Le dictateur de la transparence

Ainsi, il était arrivé au pouvoir. Lui, le dictateur de la transparence, celui qui avait promis au pays de révéler tous les secrets, ce qu’il nommait les turpitudes  des autres… Car bien sûr, c’était toujours chez les autres, que se logeaient le mensonge, le secret qui spolie, empêche, vole, et détruit… Les gens étaient devenus de plus en plus intransigeants, exigeants toujours plus de révélations, de dévoilements, et partant, plus de sanctions, d’emprisonnements.

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Mail

bonjour monsieur,

Comme vous l’a indiqué votre avocat, je suis tout à fait disposé à favoriser une conversation entre nous, qui peut devenir quotidienne si vous le souhaitez. Elle aura pour but de vous permettre quand vous aurez purgé votre peine, de reprendre votre activité d’écrivain. Afin de favoriser le déploiement de votre imaginaire, je vous conseille quelques films qui vous aideront peut-être dans vos tâches :

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à cache-cache…

Les amants qui se cachent, Caméléons habiles

Dans les recoins des villes, Alertes et agiles

Sèment sur leur passage Cent indices futiles.

Le jaloux n’a de cesse, Habillé de colère,

De traquer, le plaisir Exhalé de la chair.

Ainsi le paradis Renvoit-il à l’enfer.

Laurence Balguérie

Cachons-nous

Non, ne t’épuise pas, confondue que tu es,

Ne renonce pas plus à cet amour qui naît.

Comme toi, je lutte, comme toi, tout me nuit,

Comment leur avouer, hurler ce qui en nous, luit.

Fille de notre mère et sang de mon bonheur.

Cachons-nous, il le faut, renions leur laideur.

Didier d’Oliveira

Trouver un pont…

Le taxi bringuebalant s’arrête au chekpoint. Le chauffeur barbu et sombre présente son laisser-passer à l’homme à la mitraillette. Sa tête pénètre à travers la vitre baissée,  son regard scanne les présences. A l’avant, une silhouette noire, couverte du tchador règlementaire d’où n’émergent que deux yeux sombres apeurés et striés de rouge. C’est une  femme dont on devine sous l’uniforme une protubérance. Elle souffle  le plus discrètement possible avec une régularité entraînée,  le regard fixé sur la route. 

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Écoute-moi, ma poulette…

L’extrait de naissance était limpide et transparent. Nul doute possible sur l’état civil de ce grand-père à la filiation mystérieuse. Les mots là, clairs et indéniables. Jean B. né le 12 avril 1874 de Marthe C. et de George B. Jeannie ne lut pas la suite, déçue plus qu’elle n’aurait voulu le croire par la vérité qui lui explosait à la figure. Ainsi donc cette histoire rocambolesque, follement romantique, n’aurait aucun fondement ? Serait-il possible que tout cela ne soit qu’élucubration mentale d’une tante avide de sentimentalité et éprise d’un léger parfum de scandale ?

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Point final. Point d’orgue

Le vieux monsieur est assis dans son fauteuil tourné vers la fenêtre de sa chambre dont il ne sort plus. Il regarde, observe ce qui se passe à l’extérieur sur le parking de l’établissement prénommé « les jardins d’Ispahan », choisi par ses enfants pour son confort et sa sécurité. Le vieux monsieur n’en croit pas un mot. Sur ses genoux un livret, couverture cartonnée, verte, sa couleur préférée, c’est lui qui l’a choisi.

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Ce noir épisode Comme tous les autres

De violence très Atténuée le soir

Non dit mémorable Couvert par la honte

Marche vers le fatal Eté si meurtrier

Histoire de la mère Récit de famille.

                                  RMQ

Quand la vérité fuit Comme loup dans la nuit

Quand le mystère demeure  A la fin de sa vie

Quand le voile assombri Couvre les yeux ternis

Que la colombe grise Hésite à roucouler

Et que la voix du peuple Evite de chanter

Alors il faut crier Rugir et s’évader

Annie Brottier