[…] J’ai été fort surpris de ton absence aux obsèques de notre cher Léon.
Depuis, je médite sur les conséquences d’un tel détachement.
Je me replie la plupart du temps, dans mon home cinéma.
Lire la suite[…] J’ai été fort surpris de ton absence aux obsèques de notre cher Léon.
Depuis, je médite sur les conséquences d’un tel détachement.
Je me replie la plupart du temps, dans mon home cinéma.
Lire la suiteNon, ne t’épuise pas, confondue que tu es,
Ne renonce pas plus à cet amour qui naît.
Comme toi, je lutte, comme toi, tout me nuit,
Comment leur avouer, hurler ce qui en nous, luit.
Fille de notre mère et sang de mon bonheur.
Cachons-nous, il le faut, renions leur laideur.
Didier d’Oliveira
Lettre à Aurore
Très chère à mon cœur,
Les violences m’ont toujours atteint comme tu le sais. Mais, pire encore, ce sont toutes ces perturbations quotidiennes, sans cesse répétées qui violent sans contrainte mon intimité et mon bien-être. Le jour passe encore et encore tout juste, car il faudrait que mon cerveau soit canalisé par de saines occupations, des occupations qui dépassent la tache quotidienne, la tache répétitive. Mais voilà, il y a les sombres crépuscules et les nuits bouleversées par maints ouragans. Lire la suite
Si je pouvais voir, au fond de tes cellules !
Si je pouvais voir, ce qui cache le crépuscule !
Si je pouvais voir, les méandres de ton cœur !
Si je pouvais voir, la conception du bonheur !
Si je pouvais voir, sans de savants calculs !
Alors je verrais sans doute, fuir toutes mes frayeurs.
Il était au canon de son âge
vers nous montait sa sagesse immuable
ses pieds semblaient encore liés au sol
comme par un entrelacs de fougères
une dentelle jalouse luttant contre l’éternel Lire la suite
Les premiers soleils de mai ne semblaient les réchauffer ni l’un, ni l’autre. Ils tremblaient dedans comme de concert. Le choc émotionnel les avait percuté de plein fouet. La violence des récents événements les avait de nouveau réunis, pourtant, rien ne laissait présumer une quelconque réconciliation.
Ils s’était connus sur les bancs du lycée quand lui, né au pays l’avait vu débarquer dans son village puis, simultanément dans sa classe toute timide, ne sachant que faire de ses complexes qui semblaient l’envahir à tout instant. Lire la suite

Il est des jours où tout semble morose,
Comme enlevant le coloris aux choses,
Quand on capte tous les gris de son être
Et que l’on ressent la tristesse naître. Lire la suite
seules les parties réécrites en clair ont pu être restituées par le procédé de la transparence, le reste de cette lettre ayant été définitivement effacé.

Didier d’Oliveira
Les cafés de village sont des refuges. Chacun le sait par ouï-dire, par la littérature ou par sa propre expérience. Ainsi, au fil des temps, chacun y a fait sa propre expérimentation, ses premiers pas ou de sempiternels allers-retours.
Pour le café du petit bourg qui nous importe, c’est au petit matin, un petit 7 heures, alors que le cafetier qui ne semblait jamais avoir dormi, ses traits de fatigue totalement absents, décrochait un à un, les grands volets de bois peints en vert et écaillés par les intempéries. Le Client du p’tit-noir-mirabelle apparaissait comme par enchantement, avant même, que le cafetier n’ait ouvert sa porte. Lire la suite
L’effacement de l’état de grâce arrive tout trop vite.
L’effacement de la mémoire indigène, a fait tomber dans l’oubli de nombreux peuples autochtones.
L’effacement semble terrible, sauf quand il fait disparaître nos fautes et nos égarements.
L’effacement semble inéluctable, sauf peut-être pour la macromolécule biologique ou l’ADN.
L’effacement peut-être également une amnésie ou une forte volonté. Lire la suite