
Qu’elle est douce et bucolique la musique de ce champ de verdure dont l’herbe ondoie dans le vent. Elle résonne du chant des laboureurs, de leurs efforts de travail, de leurs rires joyeux, des conversations étouffées par le bruit du vent d’autan qui souffle dans leurs oreilles distraites. Elle chante l’effort, la fatigue et aussi la joie du travail accompli, les rires qui explosent, la terre qui bruisse en se réchauffant et le son des insectes qui peuplent la terre et l’ensemencent .
Qu’elle est légère et endiablée la chanson du ciel de la fin de journée, des vents
qui tournent et soufflent dans nos oreilles, qui nous assourdit puis nous murmurent
une chanson douce comme une mère qui endort son petit. Tour à tour chaude
comme le soleil puis rouge comme le feu, la chanson nous enveloppe de ses mots
caressants puis tente de nous étouffer, nous étreindre dans un baiser mortel .
Qu’elle est violente et triste la chanson du soleil qui se couche, qui va bientôt
s’éteindre dans un murmure agonisant, comme un requiem sur une terre qui
retourne aux voix du passé, aux murmures des fantômes, aux cris des morts
vivants, aux chuchotements du peuple de l’ombre .
Laisse-toi ma belle, porter par ces chants éloquents et multiples, envahir par cette
cacophonie dont sortiront, si tu sais l’écouter pleinement, des mélodies créatives…
Laurence