
Balthus – The street
Me voici accoudé à la fenêtre du premier étage me délectant d’un chocolat chaud et de la déambulation tranquille des passants. Une journée comme les autres me direz-vous ? Non, pas vraiment car j’assiste à une scène d’agression entre deux jeunes adultes, la jeune femme ne parvenant pas à s’extraire de l’étreinte étroite du jeune homme. En effet, une main enserrant fortement le poignet, l’autre la taille, le corps de l’homme collé fermement à son corps, tout laisse penser qu’elle est violentée sous le regard totalement indifférent des passants.
Le charpentier à notoirement positionné sa planche pour éviter cette scène plus que gênante lorsqu’il passera près d’eux. Que dire de l’apprenti cuisinier qui lui reste figé comme la gelée entourant son bœuf mode. Quant à la petite jouant à la balle avec sa raquette, elle paraît à des lieues de comprendre ce qui se passe. Le jeune homme à la démarche d’automate, s’il était moins songeur, peut-être interviendrait-il ? Mais perdu dans sa rêverie, ses yeux sont bordés d’œillères.
Donc, aucune initiative, rien… rien qu’un individualisme bien réel, lequel règne en maître dans ce monde égoïste.
Corinne Ayma