Alléluia !, psalmodiaient avec béatitude prêtres, chamans, imams, bonzes ou rabbins, tous les représentants des croyances divines de par le monde.
À la naissance d’un monde nouveau ! célébraient dans l’ivresse rois, présidents, empereurs, dictateurs, tous les représentants du pouvoir de par le monde.
À l’avènement de l’apocalypse !, scandaient les foules exaltées dans les rues des villes de par le monde.
À une destinée nouvelle ! chantait avec bonheur le reste de l’humanité, dans les maisons ou dans les champs de par le monde.
Acrylique sur toile Signé et daté 90 en bas à droite Titre complet : « Marcelin de la lune se fait une petite mélodie jolie adossé à un buisson dans la campagne au milieu de fleurs et de l’herbe verte. Dans son imagination, il voit défiler des êtres rigolos et gentils qui se mélangent et s’assemblent comme des puzzles en jouet de bébé. Un corps de belle femme s’avance, elle a une tête de lune et lui il a la « boulle à zéro » ».
Ô toi qui joues de ta flûte et portes cravate et anneau à l’oreille, toi l’homme noir, c’est de ta mélodie que naissent les images enchevêtrées et colorées qui t’entourent. Toi qui es bien installé, tu as arbrisseaux et herbe verte, feuilles mordorées et tronc d’arbre rouge pour dossier. Et tu joues, tu tapes la mesure de tes grands pieds nus. Les souvenirs s’échappent et occupent l’espace, ils s’imbriquent, cernés de noir sans se mélanger. Et à chaque battement de la mesure surgit une nouvelle silhouette, instant présent d’un passé ressuscité par les notes égrainées en chapelets virevoltant.
Enfin nous étions arrivés à Phnom Penh au Cambodge, un voyage prévu de longue date et remis à plus tard, bien plus tard, on ne savait quand, impossible de savoir quand ce satané fichu virus se calmerait et laisserait le monde entier reprendre son souffle et respirer. Un voyage attendu depuis deux longues années passées à espérer, à guetter, à se faire bousculer, bringuebaler entre les fermetures de frontières d’un pays ou de l’autre au gré des contaminations. L’attente du moment où je pourrais enfin serrer dans mes bras ma fille installée là-bas me parut interminable. Aucun moyen de télécommunication aussi sophistiqué soit-il ne saurait remplacer la présence et le contact des êtres qui nous sont chers.
Enfant, j’aimais le rituel du facteur, courant décembre, venant sonner à la porte pour vendre le calendrier de la nouvelle année. L’événement en annonçait un de bien plus grande importance : l’arrivée de Noël et des cadeaux. J’avais le privilège qu’on me laisse le choisir, ce beau calendrier tout neuf, rutilant de tous ses feux. Personne ne me contestait un avantage qui n’avait d’importance qu’à mes yeux de fillette, sensible aux couleurs et aux dessins. L’intérieur restait un obscur ramassis de feuilles incompréhensibles, informations sur les dates des marchés ou liste des départements dont l’intérêt me passait largement au dessus de la tête. Chez ma grand-mère à Paris, où je passais un week-end sur deux, je trouvais, accroché dans la cuisine, le même calendrier des PTT dont je n’avais pas choisi la couverture mais qui représentait toujours des chiots ou des chatons blottis dans une corbeille de satin ou la tête émergeant de jolies fleurs champêtres. Au fur et à mesure de l’année qui s’écoulait, certains jours se trouvaient entourés ou marqués d’une croix avec des initiales que je reconnaissais, anniversaires de mes frères ou le mien et d’autres mystérieuses. C’était le calendrier du quotidien, l’agenda, celui que l’on jette en fin d’année et que l’on remplace sans un remords par un plus neuf. Moi, j’étais fascinée par le vieil almanach, celui que ma grand-mère avait encadré et suspendu au mur du salon, un almanach de l’année 1932 dont les tons automnaux me calmaient.
Chronos, toi à qui on attribue la maîtrise du temps, toi à qui on a sacrifié tant de notre temps, toi qui nous angoisses et nous stresses à longueur de temps, tu ne vaux pas même le millième de seconde du temps précieux que je vais te consacrer. Minable chef d’orchestre d’un espace qui n’aspire qu’à être tout simplement, Lire la suite →
Dans la moiteur des draps, Combo l’artiste des rues s’agite, le cœur gros de la bêtise humaine. Son esprit s’évade et glisse vers ces deux-là, qui s’étreignent, qui s’aiment à pleine bouche, à plein cœur, identiques par le genre, différents par …. LOVE IS BLIND . L’amour cet aveugle qui ne voit pas la différence, ne regarde pas les couleurs, le rouge pour l’un, le noir pour l’autre. La différence est là, elle saute aux yeux, la calotte blanche, blanche comme un croissant de lune, une croix blanche et au milieu … blanche aussi, l’étoile de David. Le message apparaît, limpide CoeXisT. Islam, judaïsme, chrétienté, les trois grandes religions monothéistes. Et le message réunit un groupe de jeunes, filles et garçons mélangés, bruns et blonds mêlés, dans le même élan d’amour. Religion can blind us Aveugler, comme l’amour ? Le cœur, l’amour, la vie, le cœur gros de chagrin, le cœur rempli de joie. Il bat au rythme des émotions. Attention, l’œil surveille, l’œil de la religion, l’œil d’un même dieu et pourtant…. L’œil était dans la tombe et regardait Caïn entend nettement Combo qui se réveille en sueur, le cœur affolé, étreint de culpabilité.