Je suis sortie pour aller fumer et j’ai mis dix-sept ans… à comprendre pourquoi j’étais sortie et n’étais pas rentrée. Dix-sept ans, le temps de m’évader, de m’échapper en ne laissant que le hasard me guider. Je suis sortie, j’ai allumé ma cigarette et j’ai levé les yeux vers le globe luisant du clair de lune que je me suis amusée à encercler de mes ronds de fumée. Comme un poisson, la bouche en rond, les petits ronds bien alignés montaient, s’évasaient, s’élargissaient et m’entraînaient. Agrippée au dernier petit cercle, j’ai chevauché l’aéronef aux ailes d’ivresse et me suis envolée, nuit de Chine, nuit d’amour dans une course incendiaire, une course éperdue. Lire la suite
Annie Brottier
Comme l’oiseau privé d’ailes
Prisonnier de son nid
J’ai longtemps rêvé d’elle
Seule, au fond de mon lit
Elle, qu’on me refusait
Elle, qui tant m’attirait
Liberté de penser, liberté de vivre Lire la suite
Mots échappés, mots remplacés
Le premier texte est écrit par l'auteur.e de la signature. Le deuxième est passé entre les mains de tous les participant.es qui ont chacun.e remplacé deux mots
Partir loin du bruit des villes, du gris et du froid, s’échapper vers les îles, le soleil et le vent, moiteur des alizées, bleu azur des lagons verdoyants
S’installer loin des querelles vaines, du gris et du froid, s’échapper vers les volcans, la chaleur et le soufre, moiteur du matin, bleu azur des lagons rassurants
Annie Brottier
Y’en a qui se prennent vraiment pour des … Tiens je ne trouve même pas le nom pour ces gens-là. Elle m’a dit quoi déjà ? Mais faites donc attention, pauvre folle, vous avez bien failli me renverser ! Et faut voir le ton qu’elle a employé ! Et le regard ! Incroyable, j’en suis restée baba, même pas pu l’envoyer sur les roses. Non mais, j’ai failli renverser MADAME … Y a pas idée de traverser comme ça sans prévenir. Lire la suite
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Pétards, feux d’artifices, musique à fond
Foule dans la rue ou au balcon
Au coin du feu, dans la cohue
Pan, Vlan, concert de casseroles
En Nouvelle Zélande
Japon, ménage à fond Lire la suite
– – – Limites des limités
Forme sans limites – éloignées ou fortuites –
Lisière atteignable au risque de frôler –
L’incompréhensible nuisible –
Sans suite construite – le tableau fuite –
Borde et déborde la ligne inscrite –
Déstructure et invite au rêve – au précipice –
Au basculement – au bousculement des conventions –
À l’équilibre des possibles émergeant –
Et devant lui s’agitent les hypocrites – Lire la suite

Deuxième semaine de février. Comme tous les ans, c’est l’euphorie qui précède le carnaval. La télé, les réseaux sociaux, les écrans géants, les placards d’affiches vomissent leurs spots publicitaires en vue de la grande fête qui va faire tourner la tête à toute une population, petits et grands. Comme à chaque fois, la ville abritera une débauche de lumière, de bruit et verra défiler une foule délirante, assoiffée de sensations. C’est à qui aura déniché le costume le plus extra-ordinaire, à qui portera le masque le plus original, à qui se fera remarquer le plus. L’ambiance festive des débuts a fait place à une recherche d’assouvissement personnel de plus en plus intense où l’on ne recherche plus tant l’amusement partagé dans la simplicité que la mise en avant d’un égocentrisme exacerbé. Si adolescent j’avais participé aux premiers carnavals, j’ai depuis pris l’habitude de rester bien tranquillement chez moi en supportant le tintamarre et les détritus qui jonchent les rues aux lendemains de la fête. Lire la suite
Miroir
The Mirror - Performance d'Alexandre Desplat - (cliquer sur The Mirror pour voir la vidéo sur Youtube)
Nuit étoilée, miroir reflet, miroir de l’image, mirage du double inversé. Écho d’un monde oublié, devant, derrière, un autre monde ? Qui es-tu toi de l’autre côté ? Reflet miroir, miroir reflet, reflet du passé, je te connais, toi garçonnet aux yeux plongés dans les miens. Tu es mien, je suis tien. J’ai grandi en toi et toi et moi. As-tu peur de te savoir moi ? Ai-je peur de voir en toi ce que je n’ai plus ? Je me rapproche et toi aussi. Je saute et me déhanche et tu me suis. Corps ployé, tête penchée, à droite, à gauche, tu es mon double aux bras tendus, aux mains plaquées sur le fil qui nous sépare. On tourne autour l’un de l’autre, miroir magique au tain fané, miroir sans vitre. Je t’attrape et te happe, toi l’enfant que j’ai été. Virevoltons, mains enlacées, dansons notre amour retrouvé, je t’avais délaissé. Je suis toi, tu es moi, nous sommes l’un d’un même destin. Nos souffles se mêlent, nos corps s’entremêlent, joie intense d’une danse enivrée d’un amour partagé. D’un saut tu t’éloignes et je te retiens du bout des doigts, d’un doigt d’une main. Léger, léger et aérien, je suis ton arbre et te maintiens, tu es la liane qui me retient, puis se déroule et tu m’échappes de l’autre côté du reflet vide d’où tu venais. Tu me regardes, me scrutes et me rejettes dans la nuit étoilée, miroir brouillé, mémoire du temps, du temps passé.
Annie Brottier
Sérénité

Vert émeraude
Ombres, reflets tournoyants
Quiétude enchantée
Envols embrumés
Les dessins ont été crées durant le stage arts plastiques/écriture par Annie Brottier

J’avais longtemps rêvé d’une petite maison en bord de mer, un havre de paix propice à assouvir mon désir de solitude ainsi que ma passion pour les oiseaux. Après plusieurs mois de recherche dans le Cotentin, j’avais fini par dénicher la perle blanche aux volets bleus, à deux pas de la mer, d’où j’entendais le ronflement des vagues qui se brisaient ou s’étalaient lascivement sur la plage, selon l’humeur du temps.