Deux fantômes ! c’est là, quand je rêve dans l’ombre,
Qu’ils viennent tour à tour m’entendre et me parler.
Un jour douteux me montre et me cache leur nombre.
A travers les rameaux et le feuillage sombre
Je vois leurs yeux étinceler
Victor Hugo
Annie Brottier
Happée
J’aime au hasard de mes flâneries dans les villes m’aventurer dans les galeries de peinture qui ne manquent pas de fleurir dans les ruelles piétonnes des vieux quartiers. Ce jour-là l’affiche de l’artiste chinois exposé m’avait attirée et je me trouvai sitôt entrée dans un univers d’intenses couleurs jetées avec vigueur sur des toiles qui vibraient d’une vie presque palpable. Lire la suite
Le long des sentiers foisonnants
Le long des sentiers foisonnants
Des senteurs sucrées de l’été
Des couleurs et des buissons ardents
Refuge d’une vie cachée Lire la suite
Le chant de l’invisible
A mes oreilles, inconnu
nu et impalpable le chant frémit
blémit, faiblit et puis sans flammes
s’enflamme et m’éblouit
m’oublie dans une plainte Lire la suite
Le cercle
Devant sa toile qu’il avait pris soin de bien tendre et d’enduire d’un blanc mat immaculé, le peintre mesurait l’étendue du vide auquel il faisait face. Les envies de peindre, les idées foisonnantes qui hantaient son cerveau au point de l’empêcher de dormir ne manquaient pas. Des corps, des paysages défilaient, s’imbriquaient se dissociaient ou se fondaient pour reformer d’autres tableaux vivants à ses yeux d’artiste, enfermés dans le tambour bouillonnant de son imagination. Mais ces visions qui l’éblouissaient et le faisaient souvent se précipiter dans sa pièce atelier, prêt à passer à l’action, disparaissaient dès l’instant où il posait les yeux sur la toile étincelante de blancheur et d’un vide abyssal.
Lire la suitePlage déserte, pas une âme…

Plage déserte, pas une âme
pas un bruit, calme plat du jour qui s’enfuit
l’usine au loin s’est endormie.
Au pied des pieux puissants, briseurs d’élan
Se jette la vague, elle étale sa langue luisante Lire la suite
I,n,v,i,s,i,b,l,e
L’invisible, il le vise, l’envie
Le lisse, le bise
Vile veine, vieille bile
Le vin l’enlise
le sein, le sein, les liens, les siens
En visées, il nie
Liesse vive, Bible
Ni visibles, ni en vie
Niées, invisibles
Annie Brottier
Une fugue inachevée
Avant même d’ouvrir les yeux, Alizée sentit que ce qui allait advenir d’elle relèverait pour le moins de l’inattendu, sinon de l’irrationnel. Le silence qui émanait de la pièce pesait sur son corps allongé sur le lit à baldaquin qu’elle avait trouvé somptueux la veille en se glissant dans les draps brodés aux armoiries du château. Son hôte l’avait accueillie avec gentillesse et avait su la réconforter après qu’elle lui eut raconté ce qu’elle venait de vivre.
Lire la suiteSe perdre…

À la lisière de l’endormissement, j’entends le léger, si léger bourdonnement qui s’échappe de ma gorge et me berce. J’entre et je glisse vers la lumière chaleureuse d’un autre univers. Le son me guide, je la vois mon oreille, elle est là, chatoyante de rouge et de jaune, collée aux fines baguettes qu’elle fait vibrer au rythme régulier de mon cœur. Les notes s’échappent et s’élèvent ondoyantes vers la bannière étoilée. Lire la suite
Partir…
Partir en échappant à l’occupant vers le cap symbolique de l’inconséquence
Partir sur le souffle du désir à bord du mystérieux vaisseau cylindrique
Partir sans aveuglement ni opposition, s’enfoncer à cœur ouvert dans l’imaginaire gothique du feu sacré
Partir loin du cauchemar, suivre le hasard de l’histoire, à chaque alerte s’engager plus loin
Partir en travaillant la lumière de l’imprévu comme les enfants sans savoir courent vers l’inconnu Lire la suite
