C’est le premier pas qui est le plus difficile. Notamment pour la valse et plus précisément celle de Vienne. En fait, tout est codifié. Une fois cette réalité acceptée et les rudiments appris et contrôlés, le corps à corps peut commencer. Attention aux embûches, évitons de nous marcher sur les pieds, ne soyons pas collés serrés comme le sont l’homme et la femme de la sculpture La valse .
Là, les corps nus ou à demi-nus s’enlacent et se confondent dans un même élan. Le drapé de la robe amplifie la notion de mouvement tandis que l’homme s’abandonne dans les bras de sa belle. La sensualité de cette étreinte s’accentue lorsqu’on fait le tour de la statue avec sa position volontairement penchée. Tout n’est alors que grâce et simplicité .
Revenons à nous et à notre danse. Esquissons quelques pas et tentons de suivre le rythme marqué de la musique. 123, 123… tiens bien ma main, la mienne dans ton dos te guidera, tu sauras quand tourner. Laisse-toi aller, voilà, c’est mieux. Vois comme tout s’enchaîne aisément mon amie. Nous pouvons tout faire, tout nous dire, les yeux dans les yeux. Rien ne cille, ma Cécile, j’aime tant ce bleu que je pourrais valser des heures. Qu’en dis-tu ? Non, non, ne réponds pas.
L’homme de la statue lui n’a pas cette chance, contraint de rester figé en ne se contentant que d’un baiser.
Puis-je en espérer autant ou peut-être plus ? Non, non, ne dis rien. Profitons de cet instant, dansons, virevoltons avec l’insouciance des enfants. Plus tard, quand ces danses seront terminées, je t’emmènerai au musée Rodin contempler la fameuse statue La valse et comme elle j’espère que nos valses vives et enjouées se transformeront en valses tendres et voluptueuses, mon amour…
Corinne Ayma