
Balthus – The street
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La rue est à moi, je la vis dans son bouillonnement, ma liberté s’affiche. La petite fille bouclée et blonde, c’est moi. Trop pressée de courir après la balle, je sors en chaussons vichy sans remarquer mes voisins, voisines. Je tente de rejoindre ma mère, loin devant, dont je ne devine que le dos et le bras chargé de ce fils qu’elle aime tellement plus et qui a confisqué tout autre place dans son cœur.
Pourtant l’abbé Basile parle de l’amour inconditionnel de la mère « la tienne est comme Marie, elle peut en donner à sa fille comme à son fils ». Je n’ai jamais cru aux boniments de ce pantin porteur de soutane et de bas, dont la main voyage vers des contrées interdites. J’ai l’âge d’être un pays à découvrir, à conquérir. Heureusement Victor veille. Il me permet d’être aimée, il est si beau, si élégant, il sent si bon… Il sera mon époux et on ouvrira la taverne qui est en vente dans la rue principale commerciale. Je dois me dépêcher de grandir pour devenir aubergiste et la mère de ses enfants.
Mais si je deviens femme, mon géniteur cessera-t-il de me pousuivre pour m’initier à la vie ? Je devrais me cacher refuser, me défendre, réagir… me réveiller
RMQ.