Il est lourd et pourtant peu volumineux. Sous la main les aspérités se découvrent et les volumes aussi : un socle, une anse où le doigt trouve sa place et un réceptacle rond et régulier ; un autre doigt glisse pour en faire le tour, caresse un intérieur doux et chaud. Le socle d’une rondeur parfaite supporte les deux accessoires. Lire la suite
RMQ
Le carnet
Il était en cuir rouge avec la tranche dorée et fermé par un élastique rouge, aussi – format A6 10,5 par 14,8 cm – petit et pourtant riche. Toujours sur moi, il était le témoin de mes découvertes, de mes apprentissages, de mes savoirs. Je l’avais divisé en trois parties égales, la première pour les numéros de téléphone des personnes que j’aimais, le milieu pour noter les dates importantes pour moi, naissances, décès, réussites, voyages etc… et la dernière et là, je le prenais à l’envers, les livres lus et les films vus adorés. Il devait rester inviolable comme une partie de mon corps et en tout état de cause le rempart à mes pertes de mémoire. Lire la suite
…
La nébulosité recouvre la route
Cependant je veux aller par monts et par vaux
Je veux retrouver le chemin tracé des baux
Inventer le passage, refuser le doute. Lire la suite
Perdues les perdues
Des « perdus » sur les épaules
et des « perdues » sous les yeux
C’est le « perdu » qui gonfle.
Serré par le « perdu » de strass.
Grand, très grand, le « perdu » s’annonce. Lire la suite
Voyages, voyages…
Lettre de Leila Sebbar à Nancy Huston, à moitié effacée dans sa largeur et reconstituée
Les lieux de brassage, comme les gares, les ports, les aéroports, restent pour moi une utopie et signent le carnage où je peux, comme dans une brume, survivre sans savoir partir ou revenir. Lire la suite
EFFaçab..
Effaçables les symboles
Effaçable la couleur de peau.
Mais non effaçables les sentiments.
Effaçable le conte
Effaçable la belle au bois dormant Lire la suite
Estampe
Assise sur la plage de sable, la tête couverte du châle vert océan de ma grand-mère, je contemple la mer bleue encore plus bleue.
Sur mes genoux un livre des œuvres de Zao Wou-Ki s’est ouvert sur l’estampe Saint-Tropez. Il n’y a pas de hasard, pas de hasard. Ces mots m’ont longtemps accompagnée.
Non pas de hasard,
Regarde la page et regarde toi. Lire la suite
Le commencement en écho à la nudité
Peau très blanche sur un drap trop blanc
La pleine lune baigne le corps nu
Une nouvelle vie débutante
Voit le jour à peine l’aurore. Lire la suite
Le chant de l’invisible
Voir, ne pas voir, chanter
Terré sous la terre noire
Noire de maux
Modèle de l’humanité taiseuse
Taiseuse qui laisse faire Lire la suite
Le retour rêvé
Florentine, 86 ans, vit encore à Rouffigny dans sa maison héritée de son pauvre père – dieu ait son âme, si tu m’entends de là-haut – Chaque jour est le recommencement d’un rituel immuable : ouvrir les poules, ramasser les œufs de la veille, charger les bras de bûches taillées pour la cheminée et s’offrir le luxe d’enclencher le compteur électrique pour déguster la lumière. C’est beau la cuisine éclairée alors que les bougies de la nuit dégoulinent sur la toile cirée à carreaux blancs et rouges. Lire la suite
