C’est le premier pas qui est le plus difficile. C’est ce qu’on raconte. En réalité depuis l’enfance, on marche, on tombe , on se relève , on rit, on pleure. C’est le premier pas qui compte, très vite on oublie les débuts hasardeux on se met à sauter à tourner, à virer, bouger, monter, grimper, à danser, à surfer à courir à perdre souffle, à perdre haleine. La vie n’est que mouvement : apprendre à mettre un pied devant l’autre et puis recommencer. Pas cadencé, marche rythmée, pas chaloupé, pas à pas, pas de deux.
Vous avez dit pas de deux ?
Mettre mes pas dans tes pas, écouter trois notes suspendues, pas glissés, élan du bras, corps enlacés, étreinte souple et légère, c’est une valse à trois temps à six temps, une valse à vingt ans. Tourbillon élégant, cadence régulière, les pas des valseurs seuls au monde, glissent sur le parquet. Combien de pas depuis le premier? On ne les compte pas, continue de valser, la vie est mouvement.
Sur le parvis de l’église la foule entoure le cercueil. Silence lourd et pesant, la vie s’est arrêtée : point d’orgue.
Debout bras ouverts tendus, il étreint le vide et se met à danser autour du cercueil. Les notes s’éparpillent, s’envolent, il enlace le vide, tournoie, revient sur ses pas, effleure le cercueil ou repose sa compagne. Pas de deux. Vous avez dit pas de deux. La vie comme une valse : danse, danse tant que tu vis, tant que tu peux, la vie n’est que mouvement.
M.Odile Jouveaux