Au village, un café

Les cafés de village sont des refuges. Chacun le sait par ouï-dire, par la littérature ou par sa propre expérience. Ainsi, au fil des temps, chacun y a fait sa propre expérimentation, ses premiers pas ou de sempiternels allers-retours.

Pour le café du petit bourg qui nous importe, c’est au petit matin, un petit 7 heures, alors que le cafetier qui ne semblait jamais avoir dormi,  ses traits de fatigue totalement absents, décrochait un à un, les grands volets de bois peints en vert et écaillés par les intempéries. Le Client du p’tit-noir-mirabelle apparaissait comme par enchantement, avant même, que le cafetier n’ait ouvert sa porte. Lire la suite

L’effacement

L’effacement de l’état de grâce arrive tout trop vite.

L’effacement de la mémoire indigène, a fait tomber dans l’oubli de nombreux peuples autochtones.

L’effacement semble terrible, sauf quand il fait disparaître nos fautes et nos égarements.

L’effacement semble inéluctable, sauf peut-être pour la macromolécule biologique ou l’ADN.

L’effacement peut-être également une amnésie ou une forte volonté. Lire la suite

Numéro 2325

Numéro 2325 avait-elle dit à l’accueil de ce vaste bâtiment où l’hôtesse lui avait donné les consignes : pas de stylo, juste un papier et un crayon, possibilité de prendre des photos

Arrivée aux pupitres des Archives, au premier étage, elle avait déposé sa liste de documents sollicités. Elle avait consulté les ordinateurs mis à disposition pour en trouver les cotes. Il s’agissait des dossiers des prisonniers de guerre en Allemagne des années 1939 à 1944. Lire la suite

Happée

Zao Wou-Ki

 

J’aime au hasard de mes flâneries dans les villes m’aventurer dans les galeries de peinture qui ne manquent pas de fleurir dans les ruelles piétonnes des vieux quartiers. Ce jour-là l’affiche de l’artiste chinois exposé m’avait attirée et je me trouvai sitôt entrée dans un univers d’intenses couleurs jetées avec vigueur sur des toiles qui vibraient d’une vie presque palpable. Lire la suite

Estampe

Assise sur la plage de sable, la tête couverte du châle vert océan de ma grand-mère, je contemple la mer bleue encore plus bleue.

Sur mes genoux un livre des œuvres de Zao Wou-Ki s’est ouvert sur l’estampe Saint-Tropez. Il n’y a pas de hasard, pas de hasard. Ces mots m’ont longtemps accompagnée.

Non pas de hasard,

Regarde la page et regarde toi. Lire la suite