Aux herbes couchées je confie mon désir de m’allonger et de laisser mon esprit divaguer au gré des senteurs et des bruissements légers qui m’entourent. Les yeux mi-clos, je laisse la douceur de la nuit m’envelopper et me bercer et mon corps relâché se donne et se fond dans l’obscurité ouatée. Je ne sens plus qu’un flottement agréable, je suis poussière, graine légère attirée par les étoiles qui scintillent et m’invitent à les rejoindre dans leur ronde céleste. Lire la suite
Entrer dans l’Univers
Le cœur s’est arrêté, le silence s’est installé dans la pénombre de la chambre. Le souffle, échappé par la fenêtre ouverte, la mort s’est imposée, elle a tout emporté.
Clarté de la lune qui se lève dans un champ d’étoiles scintillantes et dorées, l’astre cendré s’invite au rite funéraire. Lire la suite
La nuit des étoiles
En cette soirée d’août, le ciel est nu, prêt à recevoir des milliards d’étoiles. Je m’installe dans mon transat et sirote un petit apéritif en souhaitant que le spectacle tant attendu du défilé d’étoiles filantes débute. Il fait encore doux mais prévoyante, je n’ai pas oublié le plaid réconfortant lorsque la fraîche ne manquera pas d’arriver. Lire la suite
L’infini
Infinitude de la solitude
Ligne droite infinie
Finitude de l’espoir
Pourquoi l’infini fait peur ?
Pour moi, pour les autres, fini
Infini des sentiments
Mensonges infinis
Lire la suiteQuelques notes sur l’infini
« Il n’existe que 2 choses infinies :
L’univers et la bêtise humaine…
mais pour l’univers je n’ai pas de certitude absolu »
Albert Einstein
L’infini de l’espace,
l’infini du temps
Lire la suiteL’infini à bâtons rompus
L’infini n’est ni fini ni défini
le fil de l’infini divague
les étoiles dansent à l’infini
A l’infini je rêve la nuit
Sans limites, l’infini s’enfuit
Lire la suiteToi…
Chère toi
Imagine-moi scotchée devant ce tableau du peintre El Greco que j’ai vu au MET hier après-midi. « Vue sur Tolède », simple paysage d’après le titre, mais quelle puissance, quelles forces déchaînées ! Aucun personnage et pourtant j’ai eu la sensation intense d’être face à une personnalité qui me happait, me frappait de plein fouet, et ce quelqu’un, c’était toi. J’ai vu dans les jets de bleus intenses et les noirs profonds du ciel ton regard, si glaçant, si froid, celui que tu m’as lancé ce fameux soir. Lire la suite
Au-dessus de ma table d’architecte, le tableau d’El Greco orne le mur principal de mon atelier. Je tente de réaliser la commande de la ville nouvelle de « Tentation », sans toi : que l’exercice est périlleux ! Toi le peintre, moi le bâtisseur, on se complétait, mais c’était avant.
Aujourd’hui, je calque mon souvenir de Tolède sur la réalisation de la ville moderne. On marchait ensemble vers le sommet de la colline, moi, alerte, toi, essoufflé. Notre regard embrassait la ville et sa grandeur. Lire la suite
Récit épistolaire
Tolède 1er Juillet 1980
Mon cher fils,
Je t’écris aujourd’hui car j’ai pensé très fort à toi ces jours-ci en feuilletant un livre sur le Greco. Je me suis arrêté sur ce célèbre tableau « Vue de Tolède », littéralement fasciné.
Ce tableau peint entre 1597 et 1600 est tellement moderne et saisissant ! On y voit un paysage, plongé dans une semi-obscurité sans aucune couleur chaude, sans personnage, rarissime à son époque. La ville évoquée par une ligne de bâtiments dessinés en blanc serpente en hauteur au-dessus des lacs, des forêts et domine le Tage. Le ciel surplombant le tout est aussi inquiétant, formé de nuages allongés bleus et blancs avec une trouée comme après un orage. Il s’en dégage une intensité dramatique, une mélancolie en accord avec mon état d’esprit. Il a fait surgir un flots de souvenirs chaotiques, à la fois gais et tristes. Lire la suite
Correspondance
Lettre à Aurore
Très chère à mon cœur,
Les violences m’ont toujours atteint comme tu le sais. Mais, pire encore, ce sont toutes ces perturbations quotidiennes, sans cesse répétées qui violent sans contrainte mon intimité et mon bien-être. Le jour passe encore et encore tout juste, car il faudrait que mon cerveau soit canalisé par de saines occupations, des occupations qui dépassent la tache quotidienne, la tache répétitive. Mais voilà, il y a les sombres crépuscules et les nuits bouleversées par maints ouragans. Lire la suite
