collage créé par Clarysse

A vous qui tombez yeux ouverts, étonnés                                                                                                                                               

La folie vous a volé jeunesse, espoir, fierté

Lisière esquissée entre terreur et impatience

Du désespoir à la paix ô combien de combats Lire la suite

à la lisière de …

À la lisière de la science-fiction, les androïdes se rient de la condition humaine.
À la lisière de la culture s’affrontent les jugements de l’identité.
À la lisière de la théorie intrasexuelle, le mouvement « ressentimisme » prend vie.
À la lisière de ses adieux, grondait une révolte insoumise.
À la lisière du temps qui passe, commence un temps médian.
À la lisière de l’actualité s’endorment les rêves d’égalité.
À la lisière de l’Amérique de Trump s’éveillent stupeur et tremblements.
À la lisière des vies dérobées, les larmes de patience s’épuisent.
À la lisière de l’inspiration, la banalité rôde.

Annie Brottier

A la lisière de la fiction, l’imaginaire le submerge.
A la lisière du temps, une sinistre solitude.
A la lisière de l’espace, dans un tumulte opaque, elle s’abandonne.
A la lisière de la vie, la joie de la découverte.
A la lisière des mots, je fais taire mes maux.
A la lisière de l’étreinte, les sens en éveil, la panique le saisit.
A la lisière de la mort, une grande paix puis l’abandon.
A la lisière de la joie s’est invitée la confusion.
A la lisière du divin, démontrer la misère de l’homme sans dieu.
A la lisière de l’abandon, surgit la peur puis la colère.
A la lisière de la liberté, un instinct primaire l’envahit.
A la lisière de la servitude, je choisis mes barreaux.
A la lisière du plaisir, il oublie son combat.
A la lisière du désespoir, c’est la mort sans cadavre.
A la lisière de l’impossible, il tenta tous les possibles.

                                  Clarysse
A la lisière de l'espace blanc, respecter les distances entre écriture et existence.
A la lisière de Rohmer, parier sur l'amour et les sentiments.
A la lisière du glissant miroitant, se baigner les yeux pour retrouver l'équilibre du corps meurtri.
A la lisière d'un tourmenté paysage intérieur, célébrez
 la source d'eau vive, les délices, la suavité, la délectation, le plaisir, le bonheur !
A la lisière de la discipline, penser ouverture bienveillante et envoûtante.
A la lisière des photos de famille anonymes, découvrir sa propre histoire, les peurs et les sorties de route.
A la lisière de la gauche baudruche, réinventer l'envie de bâtir un avenir juste.
A la lisière de l'obscurité, c'est le gris.

RMQ
À la lisière de la prison, je découvre derrière mes barreaux, un monde que je croyais perdu pour l'éternité.
À la lisière de l'éternité, je découvre un trou minuscule où, je vais pouvoir m'y enfermer en sécurité, y pleurer et gémir sans cesse.
À la lisière de mon engagement, je prends le risque de l'auto-analyse et de la parole sur soi.
À la lisière de la résonance, je découvre le frisson de ce qui est invisible pour contrer l'intérieur des choses, de l'autre côté.
À la lisière de la puissance, je me sens étrangement perdu, seul je découvre mon impuissance.
À la lisière de l'amitié, mes sens sont saisis de vertige, j'ai donné si peu.

À la lisière de ce tango, mon sang s'est mis à flamboyer, j'ai découvert la passion.

À la lisière de ma complaisance, j'ai découvert que j'étais un cancre absolu et une dyslexie s'est emparée de moi.
À la lisière de l'essentiel, j'ai perçu de la profondeur, de l'enthousiasme et de la générosité, aussi.

                                          Didier

à la lisière de l'effroi le cœur explose
à la lisière de la parodie se trouve un canard déchaîné
à la lisière de la sidération l'onde de choc dévore les âmes
à la lisière du voile se cache une ravissante idiote enfermée dans sa burqa
à la lisière du stylo surgissent les mots,armes de destruction massive
à la lisière du temps sonne le glas d'un monde sauvage
à la lisière de la steppe se côtoient les mystères chamaniques
à la lisière de l'aube remonte les démons coincés dans les abîmes de l'inconscient
à la lisière du ciel à quel saint se vouer ?
M. Odile Jouveaux

À la lisière des défenses, on pourrait installer le vide
À la lisière de la conscience, on meurt d’envie de s’abandonner 
À la lisière du sable règne l’indétermination 
À la lisière de l’impossible on trouverait des chefs d’œuvres 
À la lisière de la souffrance, il n’y a plus de confiance 
À la lisière de la tristesse Françoise Sagan nous salue 
À la lisière des nuages les couleurs se fondent 
A la lisière de mon cœur les sentiments battent la chamade 
À la lisière de la librairie les pages s’envolent dans le vent 
À la lisière de ce roman je plonge dans les affres du suivant 
A la lisière du poème il y a des jeunes filles en fleurs 
A la lisière de l’adolescence tous les possibles sont permis 
À la lisière du plaisir le contrôle est incontrôlable 
À la lisière du temps faut-il choisir son camp 
À la lisière d’un autre monde elle espère une autre vie 
A la lisière du passé cette histoire n’a pas eu lieu 

Laurence Balguérie

Le sommeil des justes – divagation  

L’homme à la robe pourpre est assis au bout de la terre, au bord de la mer. Il veille, attentif à ce qui se passe autour de lui. Il est tout à sa tâche, serein. Appuyé sur le genou il tient un crayon dans sa main droite, écrit sur un ruban de papier blanc, écoutant les indications de l’ange qui, au-dessus de lui, nomme chaque nouvel arrivant, candidat à l’entrée sur cette langue de terre. Deux anges marins de l’espace maintiennent le frêle esquif qui vogue sur la mer. Pas de frontières, seules les étoiles indiquent la direction. À bord, un jeune homme incite ses compagnons à prier. Ne vous inquiétez pas je devine par-delà l’horizon une terre inconnue qui saura nous héberger. L’homme au drapé rouge écrit, les noms s’accumulent sur ce long ruban qui flotte entre terre et ciel. Lire la suite

La fin du monde en fête – JOIE

Sur le tarmac la foule se presse. On leur a dit : embarquement immédiat, dernier vol programmé pour l’ultime envolée dans un monde rêvé. Un bagage à main suffira. N’oubliez pas d’emporter de la gaieté, de la joie, votre sourire, un soupçon d’allégresse, une touche de plaisir, quelques divertissements, le voyage sera long. Nous avons besoin de l’enthousiasme de chacun(e).

Si le rire se déguste sans limites, maîtrisons nos transports, plongeons dans l’ivresse du moment qui nous fait basculer dans un bonheur sans fin.

Une fois installés à bord, la compagnie Apocalypse for ever propose quelques réjouissances afin de fêter votre départ dans la liesse et le ravissement. Lire la suite

Vivre en poésie, ce n’est pas renoncer; c’est se garder à la lisière de l’apparent et du réel,
sachant qu’on ne pourra jamais réconcilier, ni circonscrire
Andrée Chedid

bonne année 2023 …

sous le signe de Lisières, thème adopté par Traces et résonances pour flirter avec votre créativité

Une belle image décryptée

Tapisserie du Château d'Angers
Tapisserie du Château d’Angers

Mesdames et messieurs, voici une des plus belles images qu’il nous est donné de voir dans cette tapisserie. Après vous en avoir présenté les éléments, je vous dirai ce qui fut à l’origine de son inspiration.

Au centre de l’image figure Hippolyte. Comme on le voit, c’est un écrivain, manuscrit en main. Son récit requiert beaucoup d’imagination. Heureusement, il dispose de deux muses, lesquelles prennent en général l’apparence d’anges gardiens (heureuse initiative qui éloigne tout soupçon de la part de l’épouse d’Hippolyte, au caractère quelque peu jaloux). Cependant le fait qu’ils soient deux complique la vie d’Hippolyte, car chacun propose ses propres idées, pas toujours en accord avec celles de l’autre muse.

Hippolyte s’est d’abord tourné vers le petit ange qu’on voit à gauche et qui se nomme Gelas. Celui-ci est un peu vieux jeu, comme on le voit à son emblème, un rouleau de papier qui a précédé le volumen. Ravi d’être consulté, Gelas propose une intrigue très fleur bleue où il est question d’amours contrariées entre un chevalier et une douce bergère.

Hippolyte aime bien Gelas, mais il trouve le sujet quelque peu convenu, d’autant qu’il fait intervenir un dragon et que ce deus ex machina semble fort éculé.

A sa droite, Arille, l’autre muse, fait montre d’intentions plus ambitieuses. Ainsi il désigne de sa main droite un groupe de figures inquiétantes. Dans un premier temps, Hippolyte y verrait bien des diablotins, mais, à y regarder de plus près il y reconnaît les visages de quelques personnages connus.

Arille penche lui aussi pour une histoire d’amour (car rien ne séduit davantage le public) mais il se refuse à proposer pour obstacle quelque fleuve à franchir ou montagne à gravir. Tout cela lui semble mièvre.

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Tapisserie du château d’Angers

Dans la forêt de sapin, sous un ciel d’hiver étoilé, un berger, un tendre agnelet juché sur ses genoux, attendait patiemment que les enfants auxquels il avait signe de le rejoindre sortent de leur abri pour grimper les quelques marches qui menaient à lui. Un livre à la main, il s’apprêtait à leur enseigner les règles de l’élevage ovin et les commandements d’un bon berger. Les trois enfants serrés les uns contre les autres se frottaient les mains pour tenter de se réchauffer. Soudain surgit dans un tintinnabulement de sonnailles qui firent fuir derechef le pauvre agneau effrayé, un manant aux pieds nus enveloppé d’une longue houppelande rouge.

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