Dans cet endroit hors du temps, je me réveillai avec le cœur qui cognait très fort. Dans ma tête les résidus d’un cauchemar qui me laissait transpirant et tremblant ; je mis un certain temps à me demander si j’avais rêvé ou bien si c’était réellement arrivé.
L’idée de me faire virer du seul endroit qui me permettait d’être un peu à l’abri me donnait sans cesse des sueurs froides.
Parce-que vivre dans l’illégalité, sans droit ni titre, était un quotidien fatigant et stressant, j’avais la sensation constante d’avoir un couperet au-dessus de ma tête.
Je n’arrivais à me calmer que lorsque je créais.
Au premier étage de cet immeuble Berlinois occupé illégalement peu après la chute du mur, vivait un groupe d’artistes dont je faisais partie. Les murs extérieurs étaient recouverts de graffitis, œuvres d’art colorées, évocatrices d’un passé que nous voulions oublier. Ici j’avais trouvé des amis, en tout cas des compagnons de vie comme moi un peu perdus, mais surtout révoltés contre une société dont nous ne comprenions plus le sens. Lire la suite