Introspection

Les dessins et les photos ont été réalisé.e.s durant le stage arts plastiques/écriture par RMQ

J’étais décidé, une plage déserte me calmerait. La nuit passée à me retourner sous les couvertures m’avait épuisé. Les monstres marins peuplaient ma couche, tentacules et têtes hydrocéphales me poursuivaient et cette odeur d’étoile de mer avariée envahissait mes narines !

Effectivement, la lueur du matin levant, l’espace tout à moi, la douceur du sable humide sous mes pieds nus me réconciliaient avec la beauté du jour. L’accalmie après la terrible tempête ! Même rêvée, elle laissait des traces dans ma mémoire.

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Rencontres

La 2CV jaune aux ailes bleu marine lui donnait du bonheur, joie de revivre son jeune âge et fierté de l’opération à corps ouvert réussie. Le garage de son cousin de Brive les avait accueillis tous les deux. Germain chantait à tue-tête : c’est un beau roman, c »est une belle histoire, ils s’étaient trouvés sur le chemin etc….., accompagné par le clapotis de la capote ouverte.

Il avait pris la route, le portefeuille bien garni, la carte bleue accessible. Il décida de quitter la N20 et emprunta la D140 vers Cressensac. Lire la suite

Dans la marge

Les idées sont absentes dans la marge
Libérez-vous des contraintes dans la marge
L’oiseau vole par delà les usines dans la marge
Leurs parfums distillent l’ammoniaque dans la marge
Niaque fort, morsures, dans la marge
A pleines dents ou simples soupirs.
RMQ

Délivrances

L’arrivée du train de Brive se fit dans un bruit inquiétant présumant de l’état des wagons et de la vétusté des voies. La gare n’accueillait qu’un groupe de cinq personnes, serrées les unes contre les autres, visages fermés dans l’attente. Un homme âgé jouait avec les clés de sa voiture (une BMW), un couple se serrait tendrement, deux jeunes enfants l’entouraient les visages noircis par des coulées de larmes poussiéreuses.

Une jeune femme élégante descendit le marchepied, poussa un cri strident d’enfant excité, salua à grands renforts de gestes et s’approcha du groupe. Personne ne bougea et rapidement son humeur joyeuse stoppa au regard des attitudes fermées de tous. Ils n’avaient pas changé. Lire la suite

Littérature potentielle sur le thème des Franges Urbaines

Titres de livres à venir ( ou non) avec le nom de leurs auteur.es

nouvelles

Le château d’eau de ma mère (RMQ); Gens du voyage, la transgression (D. D’Oliveira) ; Zone désaffectée (Annie Brottier) ; Dépotoir public (Clarysse) ;  Les clos-masures ont disparu (M. Odile Jouveaux) ;

– romans

La part du ghetto (RMQ) ; La maison du garde-forestier (D. D’Oliveira) ; La révolte des terrains vagues (Annie Brottier) ; L’ombre du château d’eau (Clarysse) ; Le mitage des campagnes (M. Odile Jouveaux) ;

– polars

Disparition à l’aéroport (RMQ) ; Folie meurtrière sur l’échangeur (D. D’Oliveira) ; Le château d’eau a disparu dans la nuit (Annie Brottier) ; Le cadavre de l’aéroport (Clarysse) ; Le train siffle trois fois (M. Odile Jouveaux) ;

– essais

Les gens du voyage : présence et accueil depuis le 19e siècle (RMQ) ; Trafics en tous genres sur la friche nord (D. D’Oliveira) ; Comment concilier rave-parties et friches commerciales (Annie Brottier) ; les décharges humaines (Clarysse) ; De la nécessité de créer des bassines aux abords de terrains de camping (M. Odile Jouveaux) ;

– recueils de poèmes

Poésie des espaces oubliés (RMQ) ; Anthologie lexicale des jardins ouvriers (D. D’Oliveira) ; Ô zones mutantes, plages de rêveries (Annie Brottier) ; Divagations sur terrain vague (Clarysse) ; J’ai même rencontré des tziganes heureux (M. Odile Jouveaux) ;

– littérature érotique

La blonde des échangeurs (RMQ) ; Licence au rond-point G (D. D’Oliveira) ; Les impensés d’un jardin d’accueil (Annie Brottier) ; Le jardin des sens (Clarysse) ; La belle endormie (M. Odile Jouveaux) ;

– romans épistolaires

Le cercle littéraire des amateurs de friches industrielles (RMQ) ; Du menuet à la rêve-partie (D. D’Oliveira) ; Échanges autour d’un rond-point sans fin (Annie Brottier) ; Correspondances d’un échangeur (Clarysse) ; Au cœur de la ville, naissance d’un bidonville (M. Odile Jouveaux) ;

– biographies

Ernest, graffeur d’usine désaffectée (RMQ) ; Les gens du voyage, Django Reinhardt (D. D’Oliveira) ; La vie d’un passionné de l’aménagement glissant (Annie Brottier) ; Le parcours d’un homme du voyage (Clarysse) ; Petite histoire de l’aménagement du territoire, utopie des années 60 (M. Odile Jouveaux) ;

– autobiographies

Ma vie, mon œuvre aux franges de l’urbain (RMQ) ; Entre friches et sentiers, mon dilemme (D. D’Oliveira) ; Le jour où j’ai atterri dans une déchetterie (Annie Brottier) ; Ma vie dans un squat (Clarysse) ; C’est une maison bleue en haut de la colline (M. Odile Jouveaux) ;

– contes

La princesse des bidonvilles (RMQ) ; Contes éphémères du Château de la Marquise (D. D’Oliveira) ; Jadis vivait au fond d’une friche … (Annie Brottier)  ; La belle et le bidonville (Clarysse) ; À tire d’aile : vol au-dessus de la décharge (M. Odile Jouveaux) ;

Le rêve

L’aube ne se lèvera plus sur le champ de bataille. La plaine porte la mort et fige le temps. Sous les pierres sèches isolées, sous les rayons affaiblis, la chaleur peine à souffler un filet de vie.

Viens dit la mort telle qu’à ta naissance, les mains nues et la tête dans les nuages. Elle la suit marionnette d’un théâtre improvisé où sa bouche, ses yeux, ses cheveux trahissent des gourmandises interdites.

Peut-elle appeler l’amour qui réunit et qui détruit ? Le bateau des sentiments vogue la galère. L’océan immense en colère se dresse à l’horizon, barrage infranchissable ; l’amour apaisé ne la comblera pas.

RMQ

Franchir la frontière ?

Allongé sur le lit étroit, il entend le bruit des machines qui le maintiennent en vie. Son attention est attirée par des éclats de rire, des cris de surprise et des chants. L’infirmière de jour fête son anniversaire. Elle lui a expliqué ce matin à grands renforts de répétitions et d’articulations postillantes qu’elle coiffait Sainte Catherine et qu’ils allaient tous faire du bruit, que ses collègues ne la louperont pas. Lui était loin de ses vingt-cinq ans, il savait que la vieillesse l’envahissait comme un esprit malin. Lire la suite