Le présent du présent, l’attention

Robert COMBAS (1957)

Joueur de pipo poète et non brut

Acrylique sur toile
Signé et daté 90 en bas à droite
Titre complet : « Marcelin de la lune se fait une petite mélodie jolie adossé à un buisson dans la campagne au milieu de fleurs et de l’herbe verte. Dans son imagination, il voit défiler des êtres rigolos et gentils qui se mélangent et s’assemblent comme des puzzles en jouet de bébé. Un corps de belle femme s’avance, elle a une tête de lune et lui il a la « boule à zéro »

En ombre noire, un joueur de flûte presqu’ au centre, mal assis sur un gazon fleuri de jaune.

En train de s’asseoir ou en train de se lever ?

Nul ne saurait dire, nul n’était là pour voir… à sa suite l’arche de Noé peuplé de bêtes et d’êtres aux cris inintelligibles. Des membres s’entremêlent, ce côtoient, se touchent, remplissent la toile jusqu’à la saturer. Pas d’espace vide, aucun silence et partout des yeux aussi sots que grenus. Tout un peuple dans une jungle folle qui s’ébroue et cherche à se faufiler entre les branches rouges d’un arbre tentaculaire. Un crocodile bleu a avalé un alligator piquant.

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Instants en suspens

Un temps d’attente comme un ralenti

Attendre, j’attendais dans les coulisses, le cœur battant la chamade et tremblante, me demandant si les mots allaient me revenir, si je serai assez légère lorsqu’il me recevrait dans ses bras et me porterait. Nous étions invités dans ce théâtre des Amandiers à Nanterre à jouer des personnages orageux dans la Mouette de Tchekhov.

Ma mémoire se brouillait et je n’arrivais pas à entendre ce qui se disait sur scène. Pas de souffleur en vue, il y avait longtemps que les trous de souffleur avait disparu. Un méchant courant d’air s’infiltrait dans mes os comme un air glacé qui aurait voulu me gifler.

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écoutez la chanson bien douce

les voix douces et discrètes rêvent d’émeraude

l’hypothèse de départ à la tierce désolée

à présent voilée comme une veuve

fière dans son voile se pavane

un voile sur un praxinoscope

l’irradiation d’une étoile

la beauté d’une vie

la beauté d’une envie

accueillez la voix qui persiste un son naïf sans colère et sans larmes

écoutez la chanson

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Au loin, l’horizon

La Lande n’a pas de fin, pas de contour, pas de limite, elle s’étend plate sans colline

Au loin coule une rivière

Pas d’écho, pas d’oiseaux

que le vent qui courbe les buissons

Des touffes d’herbe

Une planitude chauve

Un no man’s land sur la carte du temps

Un horizon de landes et de tourbe de bosses

Toutes sortes de verts

Vert tendre, vert d’eau, vert-maronnasse

Douceur de l’herbe vert-pomme

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