The Mirror - Performance d'Alexandre Desplat

 Dans l’univers étoilé, un homme face à son passé d’enfant. Se reconnaître dans ses gestes d’enfant. Interrogation d’enfant. Qui est danse, qui est enfant, qui est reflet,

Violence du geste, on s’attrape, on se laisse, on se jette. La vie. Dominé dominant. Jeu . Frontières du réel dans l’univers infini. 

Jeu, jeté,vaincu rejeté, Pas un jeu. Rapprochement , toucher, vertige du miroir , image inversée. Autre temps , ailleurs, autrement, passé.

Quoi d’autre, l’homme devient homme, enfant disparu. Cadre, cadré, limité , échappé du cadre, refusé le cadre – pourtant toujours rappelé même loin, même inaccessible conscience du même. Lointains. Les lointains ont-ils

une frontière?

Un monde sans ailleurs, sans autre, sans enfance. Mort. Un monde de l’autre interrogé sans cesse. questionné, questionnant. Sans repos, dans la scintillement des étoiles. Homme jamais délivré de son enfance, toujours

 infinie.

Sylvie

Mon père, ce héros…

The Mirror - Performance d'Alexandre Desplat - (cliquer sur The Mirror pour voir la vidéo sur Youtube)

Mon père, ce héros.

Enfance baignée par sa présence.

Mi adulte, mi enfant, un peu moi, beaucoup lui et cette douceur permanente. Le jeu nous liait, création et réalisation. J’apprenais de lui, il prenait de moi. Univers de l’échange, du don. Dédoublement, deux pour une vie.

Égalité.

Amour dupliqué, aucune barrière de l’âge.

Reflet de ce qu’il est pour un, de ce qu’il sera pour l’autre.

Reproduire le modèle, suivre l’envolée avec grâce

Et la rupture : s’affranchir, grandir et prendre la place.

RMQ

Miroir

The Mirror - Performance d'Alexandre Desplat - (cliquer sur The Mirror pour voir la vidéo sur Youtube)

Nuit étoilée, miroir reflet, miroir de l’image, mirage du double inversé. Écho d’un monde oublié, devant, derrière, un autre monde ? Qui es-tu toi de l’autre côté ? Reflet miroir, miroir reflet, reflet du passé, je te connais, toi garçonnet aux yeux plongés dans les miens. Tu es mien, je suis tien. J’ai grandi en toi et toi et moi. As-tu peur de te savoir moi ? Ai-je peur de voir en toi ce que je n’ai plus ? Je me rapproche et toi aussi. Je saute et me déhanche et tu me suis. Corps ployé, tête penchée, à droite, à gauche, tu es mon double aux bras tendus, aux mains plaquées sur le fil qui nous sépare. On tourne autour l’un de l’autre, miroir magique au tain fané, miroir sans vitre. Je t’attrape et te happe, toi l’enfant que j’ai été. Virevoltons, mains enlacées, dansons notre amour retrouvé, je t’avais délaissé. Je suis toi, tu es moi, nous sommes l’un d’un même destin. Nos souffles se mêlent, nos corps s’entremêlent, joie intense d’une danse enivrée d’un amour partagé. D’un saut tu t’éloignes et je te retiens du bout des doigts, d’un doigt d’une main. Léger, léger et aérien, je suis ton arbre et te maintiens, tu es la liane qui me retient, puis se déroule et tu m’échappes de l’autre côté du reflet vide d’où tu venais. Tu me regardes, me scrutes et me rejettes dans la nuit étoilée, miroir brouillé, mémoire du temps, du temps passé.

Annie Brottier

Des bords, débords…

Des extraits de Les lisières d'Olivier Adam, les bords de ces extraits... d'autres textes...

Et il m’a serrée, n’a pas bu le vin que j’avais commandé. J’étais lovée, déjantée, visiblement ridicule, lèvres accessibles, ses doigts contrôlant quelques promesses. Nourrir la caresse pour faciliter la première avance.

RMQ

Depuis sa droite, il voyait son frère qu’il avait vu deux jours plus tôt sur le parvis. Nous avions ramené un coffre de vêtements. Derrière, son voisin autiste avait doucement quitté ses habits de la rue.

J’ai du, face à la meute absurde, livrer plus de tulipes avant de me rasseoir.

Sylvie

Un soir, je trouvais la mer retirée, comme une apparition qui toujours m’attirait. Seule, face aux limites du vide, vaincue, perdue dans les chemins remplis d’ombres de l’horizon, j’attendais la place intemporelle et vague d’où surgirait le sens. Un visage découpé sur le sable, d’un ancien ou d’un sage, j’aurais juré qu’il était là pour moi, qu’il m’attendait, présage d’un roman.

Annie Brottier

Débords, des bords de texte

Sarah, Manon et moi trépignions devant le paquet aperçu. Tout au long de la journée, forcément nous regardions ce paquet sur l’étal. Notre esprit, bien sûr, pendant ce temps, espérait.

C’est alors que j’empoignais le paquet de toutes mes forces. Je m’imposais, battais Sarah qui avait ri, puis j’ai traîné Manon qui me précédait.

Hein ! C’est que ce paquet ressemblait à un chien, et même il s’agissait d’un chien. Contre leur gré, je l’embrassais. Il existait.

Nicole

Depuis toujours, elle était vouée à être professeur de littérature. Ses enseignants n’avaient cessé de la presser dans cette direction, en raison de son intelligence et de la compréhension vraiment merveilleuse de ses lectures.

Mais ils blâmaient la légèreté de son esprit, car Manon mettait ses talents au service de petits morceaux de texte futiles.  Des conneries !  lui reprochaient-ils, qui n’étaient pas à la hauteur de ce qu’elle pouvait révéler si elle se donnait à fond. Pour elle, cela pesait comme une chaîne trop lourde.

Dominique Benoist

Le soir, j’avais comme toujours l’horizon de la mer et le vide vaguement rempli d’ombres et de presque apparitions.

Quelques places ou choses – le canapé – m’attendaient et gueulaient … comme si, les enfants retirés, nous avions toujours pensé à retrouver son passage.

J’ai attrapé un ancien roman. Lui pouvait me faire sortir, me faire franchir, résoudre les pensées.

Sylvaine Dockery

Pèlerinage

Les dessins et les photos ont été réalisé.e.s durant le stage arts plastiques/écriture par Nicole

Plage de Quinéville

Je me suis réveillé fort tôt ce matin de septembre. Profiter des derniers jours de beaux temps, de vacances avant de rentrer, encore un peu d’insouciance avant d’affronter cette nouvelle période de ma vie, ce changement tellement important qui m’attend.

Je suis parti d’abord sur la plage, comme chaque fois. Besoin de visualiser ces lieux, pour mieux les ancrer dans mon cerveau qui bientôt sera envahi par la ville bruyante et trépidante, le quotidien mais surtout… C’est depuis toujours, pour moi, un moyen de survie. Visualiser ce paysage pour m’apaiser lorsque le tumulte monte en moi et c’est sûr cette année plus que jamais il me faudra de l’apaisement..

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Il, mon île

Les dessins et les photos ont été réalisé.e.s durant le stage arts plastiques/écriture par PASC

Face à moi, 6h du matin 

Au loin et au-delà des vagues, une île perdue en mer, point d’arrimage des pêcheurs esseulés, des solitaires épris de vagues à lames. L’île de Tatihou porte un nom tout droit venu de la Polynésie ;  à l’ouest le littoral s’avance vers l’île. On distingue par temps clair, un édifice qui ressemble à une tour.

Tour d’un ancien château abandonné ?

Tour de guet ?

Phare pour les jours de tempête ?

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Autour de Tatihou, rôde le fantastique

Lundi 25 septembre 2003

Sur la plage

La nuit est d’encre, sans lune, lorsque je descends la petite cale de plage de Quinéville. Sous mes bottes crissent les coquillages et crépidules qui jonchent la plage, miroitent les flaques d’eau que la mer a laissées en se retirant.

Au loin, sur ma gauche, quelques lumières sur la côte attestent de présences humaines et plus loin encore, la pince du phare de Tatihou rythme la nuit. Et c’est tout, le silence est profond, rien, excepté le scintillement de la mer et les reflets de la vase qui creuse des sillons comme dans un champ de labour. Lire la suite