Songe de Banksy

Banksy

Il est assis au coin de la rue sur un pot de peinture, tient entre ses mains la perche qui supporte le pinceau. Il regarde au bout de la rue, attend depuis longtemps la petite fille au ballon-cœur. Pour l’attirer, rien de plus simple : il trace des lignes parallèles qui traversent la rue, grimpent sur le mur et s’épanouissent en une fleur jaune qui semble dire : je suis là. Il attend. Ne voyant rien venir, il se lève ramasse le pot de peinture, endosse la perche-pinceau, arpente la ville, choisit une autre rue, imprime son passage sur le sol et le mur. La ville se pare de ses fleurs jaunes écloses soudainement sur les murs sans âmes. Puis, il attend, il attend la petite fille au ballon-cœur. Les passants le connaissent, les enfants sautillent sur les traits jaunes qui les conduisent vers la fleur épanouie sur le mur. Impassible et muet il poursuit inexorablement son histoire, son rêve sans fin. Notre peintre s’inscrit dans la ville, il fait parti du mobilier urbain

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Le musée du temps – visite

Le Gros Horloge – Rouen

 Il n’y a plus de couvre-feu. La cache ribaude s’est tue. Le gouverneur en son beffroi arbore fièrement sur sa poitrine une montre à coq en argent sertie de pierres précieuses.

Depuis le XIVe siècle, vaillante et courageuse, la petite aiguille tourne 24h/24 dans le cadran doré de la Grosse Horloge.

Tu ne sais pas lire l’heure ? Observe les phases de la lune, juste au dessus du cadran.

M. Odile Jouveaux

La ronde des jours

Musée du Gros-Horloge – Rouen

Un écrivain jour après jour…

 

Lundi : Madame de Sévigné

Ma chère fille,

Cette missive en début de semaine que vous recevrez dans les prochains jours pour vous prévenir que je ne quitterai pas Paris pour vous joindre à Grignan. Mon médecin me l’interdit . Me voilà alitée pour au moins une semaine en raison d’une fluxion pulmonaire sévère. Je vous rejoindrai dès que ma santé sera rétablie.

Avec toute mon affection

Mardi : Gustave Flaubert né à Rouen en 1821 mort à Croisset en 1880

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Ne coupe pas le moteur …

Chaque matin c’est la même routine. Il a beau partir une demi-heure avant, un quart d’heure après, toujours le même bouchon au même endroit. Depuis quelques années il a quitté la ville pour fuir le bruit, la pollution.

Il s’est réfugié loin du brouhaha, de l’agitation urbaine, le tête emplie de rêves bucoliques, de champs ondoyants sous le vent, de promenades en forêt. Enfin c’est ce qu’il espérait. L’ennui c’est qu’ils sont nombreux ceux qui ont imaginé se mettre au vert, se détendre à la campagne. La même idée au même moment. Alors comme ils n’ont pas déplacé le travail à la campagne, ils se retrouvent tous sur la même route à la même heure pour rejoindre la même ville.

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Chronoécriture

Partir un jour, partir toujours

Toujours l’amour revient

toujours l’amour retient

toujours l’amour….

Maintenant je n’attends plus, trop tard,

maintenant c’est le vieillissement qui m’attend

 Prolonger la vie, durer plus longtemps

 À quoi bon ?

 Partir c’est agir, c’est bouger, dans quel sens partir ?

 vers le futur ou le passé

partir vers le temps qui s’écoule.

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Elle caméléone

Il y a un rêve et un corps. Le corps est dans le rêve

Elle est seule, au milieu de la pièce vide. Accroupie sur le sol, pieds nus, immobile, absente, indifférente à ce qui l’entoure, enfermée dans sa bulle. Lentement elle se relève, le bras droit s’étire, la main saisit le souffle d’air qui palpite autour d’elle. Elle se perd, s’étire, pivote sur elle-même, marche à pas lent avant, arrière, sur le côté, elle s’en va, danse, danse avec les mots qui s’échappent de sa bouche. Elle écoute, écoute la musique, vibrato étouffé, perdu loin, loin dans son âme égarée.

Silencieuse, elle se recroqueville, s’allonge sur la dune bleutée, se relève alors et de sa main agile attrape le vent, l’air, l’espace.

Elle jongle avec son corps, se tortille, se balance, se déhanche, se trémousse. Soudain elle s’emballe tend les bras vers les étoiles, lévite doucement, se laisse planer, disparaît. Elle s’en est allée. Il reste sur la dune l’empreinte de ses pas que l’écume de mer bientôt emportera.

M.Odile Jouveaux

Sur les traces de Klee

Max est allongé sur le ventre, visage tourné vers la mer. Il sort de sa léthargie. Il ne se souvient de rien, ni où il est ni pourquoi, ni comment il est arrivé là, juste devant ce chemin rectiligne qui fuit vers l’horizon. Il est seul. Pas de bruit sinon le ronflement des vagues qui se brisent sur les galets.Le soleil est au zénith. Il fait très chaud. De part et d’autres de cette voie tirée au cordeau, d’autres chemins se côtoient mais jamais ne se croisent dans une succession de divisions du sol en carrés, rectangles longilignes et fins, étroits,plus larges, tous teintés de couleurs bleutés, roses, orangés, vertes disparaissant à l’horizon dans une harmonie de bleus , espace  infini, grandeur éternelle.

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