Littérature potentielle sur le thème des Franges Urbaines

Titres de livres à venir ( ou non) avec le nom de leurs auteur.es

nouvelles

Le château d’eau de ma mère (RMQ); Gens du voyage, la transgression (D. D’Oliveira) ; Zone désaffectée (Annie Brottier) ; Dépotoir public (Clarysse) ;  Les clos-masures ont disparu (M. Odile Jouveaux) ;

– romans

La part du ghetto (RMQ) ; La maison du garde-forestier (D. D’Oliveira) ; La révolte des terrains vagues (Annie Brottier) ; L’ombre du château d’eau (Clarysse) ; Le mitage des campagnes (M. Odile Jouveaux) ;

– polars

Disparition à l’aéroport (RMQ) ; Folie meurtrière sur l’échangeur (D. D’Oliveira) ; Le château d’eau a disparu dans la nuit (Annie Brottier) ; Le cadavre de l’aéroport (Clarysse) ; Le train siffle trois fois (M. Odile Jouveaux) ;

– essais

Les gens du voyage : présence et accueil depuis le 19e siècle (RMQ) ; Trafics en tous genres sur la friche nord (D. D’Oliveira) ; Comment concilier rave-parties et friches commerciales (Annie Brottier) ; les décharges humaines (Clarysse) ; De la nécessité de créer des bassines aux abords de terrains de camping (M. Odile Jouveaux) ;

– recueils de poèmes

Poésie des espaces oubliés (RMQ) ; Anthologie lexicale des jardins ouvriers (D. D’Oliveira) ; Ô zones mutantes, plages de rêveries (Annie Brottier) ; Divagations sur terrain vague (Clarysse) ; J’ai même rencontré des tziganes heureux (M. Odile Jouveaux) ;

– littérature érotique

La blonde des échangeurs (RMQ) ; Licence au rond-point G (D. D’Oliveira) ; Les impensés d’un jardin d’accueil (Annie Brottier) ; Le jardin des sens (Clarysse) ; La belle endormie (M. Odile Jouveaux) ;

– romans épistolaires

Le cercle littéraire des amateurs de friches industrielles (RMQ) ; Du menuet à la rêve-partie (D. D’Oliveira) ; Échanges autour d’un rond-point sans fin (Annie Brottier) ; Correspondances d’un échangeur (Clarysse) ; Au cœur de la ville, naissance d’un bidonville (M. Odile Jouveaux) ;

– biographies

Ernest, graffeur d’usine désaffectée (RMQ) ; Les gens du voyage, Django Reinhardt (D. D’Oliveira) ; La vie d’un passionné de l’aménagement glissant (Annie Brottier) ; Le parcours d’un homme du voyage (Clarysse) ; Petite histoire de l’aménagement du territoire, utopie des années 60 (M. Odile Jouveaux) ;

– autobiographies

Ma vie, mon œuvre aux franges de l’urbain (RMQ) ; Entre friches et sentiers, mon dilemme (D. D’Oliveira) ; Le jour où j’ai atterri dans une déchetterie (Annie Brottier) ; Ma vie dans un squat (Clarysse) ; C’est une maison bleue en haut de la colline (M. Odile Jouveaux) ;

– contes

La princesse des bidonvilles (RMQ) ; Contes éphémères du Château de la Marquise (D. D’Oliveira) ; Jadis vivait au fond d’une friche … (Annie Brottier)  ; La belle et le bidonville (Clarysse) ; À tire d’aile : vol au-dessus de la décharge (M. Odile Jouveaux) ;

Une frontière brumeuse entre le réel et l’imaginaire, le rêve…

Je cours, je cours, je fais le mur je vole par-dessus le toit, j’ entraîne avec moi la mort ma douce compagne qui ne me quitte pas.

Elle accompagne l’amour, je ne peux m’en passer, pas de vie sans lui. J’ai le cœur en déroute.

Je tombe doucement, sur le sable mouillé : marée basse. L’océan s’est enfui.

Le crabe en chocolat attise ma convoitise, je le rattrape et cède au doux péché mignon de gourmandise, je le croque, je le déguste, il fond doucement dans ma bouche.

Je n’ai pas vu l’aube venir. C’est à ce moment-là que je m’endors après ma nuit de rêve.

M. Odile Jouveaux

Le passe-frontière

Chaque matin, c’est le même rituel. Le pêcheur à la mouche se retrouve au bord de la rivière. La truite, tapie dans l’ombre, surveille la mouche qui virevolte au raz de l’eau, puis soudain d’un saut vigoureux et rapide, surgit hors de l’eau, gobe la mouche puis disparaît dans l’onde frémissante et glacée. Le pêcheur au milieu de la rivière va et vient concentré et rêveur. Il taquine la truite qui le défie. D’une rive à l’autre il suit lentement le cours d’eau, ligne frontière naturelle entre deux espaces verdoyants et boisés. Lire la suite

Thanatopracteur en cavale….

Qu’est-ce qui m’a pris ? Pourtant tout allait bien. Je vous explique :

Je venais d’intégrer le service dont je rêvais depuis longtemps ! Mais voilà depuis quelques mois tout a basculé. L’activité a considérablement augmenté, ils sont obligés de recruter massivement depuis la mise en place de cette loi au titre prometteur Mourir dans la dignité….

Le candidat à la mort programmée se presse à la porte du service. Une noria d’infirmières séduisantes le bichonne, l’écoute, l’entraîne vers une fin heureuse et sans douleur. Lire la suite

Le sommeil des justes – divagation  

L’homme à la robe pourpre est assis au bout de la terre, au bord de la mer. Il veille, attentif à ce qui se passe autour de lui. Il est tout à sa tâche, serein. Appuyé sur le genou il tient un crayon dans sa main droite, écrit sur un ruban de papier blanc, écoutant les indications de l’ange qui, au-dessus de lui, nomme chaque nouvel arrivant, candidat à l’entrée sur cette langue de terre. Deux anges marins de l’espace maintiennent le frêle esquif qui vogue sur la mer. Pas de frontières, seules les étoiles indiquent la direction. À bord, un jeune homme incite ses compagnons à prier. Ne vous inquiétez pas je devine par-delà l’horizon une terre inconnue qui saura nous héberger. L’homme au drapé rouge écrit, les noms s’accumulent sur ce long ruban qui flotte entre terre et ciel. Lire la suite

La fin du monde en fête – JOIE

Sur le tarmac la foule se presse. On leur a dit : embarquement immédiat, dernier vol programmé pour l’ultime envolée dans un monde rêvé. Un bagage à main suffira. N’oubliez pas d’emporter de la gaieté, de la joie, votre sourire, un soupçon d’allégresse, une touche de plaisir, quelques divertissements, le voyage sera long. Nous avons besoin de l’enthousiasme de chacun(e).

Si le rire se déguste sans limites, maîtrisons nos transports, plongeons dans l’ivresse du moment qui nous fait basculer dans un bonheur sans fin.

Une fois installés à bord, la compagnie Apocalypse for ever propose quelques réjouissances afin de fêter votre départ dans la liesse et le ravissement. Lire la suite

Texte de M. Odile Jouveaux

 

L’almanach

porte-mémoire

 

Je n’ai pas le culte des objets mais je dois dire que certains ont l’art de sauter au visage le jour où on les déniche dans le fond d’une valise entre un vieux Paris-Match et un cahier de recettes de cuisine soigneusement manuscrites par ma grand-mère.

Celui-là, je l’avais complètement oublié, sorti de ma mémoire. Le support en carton jauni par le temps laisse apparaître l’année : 1957, les mois qui encadrent la photo centrale : un jeune couple assis sur le sable, pique-niquant. Bon appétit  dit la légende. De quoi parlent-t-ils ? Ils rient. 1957 : Pour ma famille cette année-là, tout a changé.

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