La chambre bleue – Fin de journée

peinture de Suzanne Valadon

Fin de journée

Nonchalante et rêveuse, elle observe, l’esprit ailleurs, sans vraiment voir, sans vraiment regarder les gouttes de pluie d’orage qui tracent des rigoles sur les carreaux poussiéreux de la fenêtre entrouverte. Sa bouche pulpeuse embastille une cigarette. À quoi peut-elle rêver ? Deux livres soigneusement fermés, posés à ses pieds, évasion assurée en cette fin de journée. La belle rêveuse n’en finit pas de compter, sans compter, d’observer sans voir, d’écouter sans entendre les gouttes de pluie qui inlassablement se pourchassent puis s’effacent sur le bord de la fenêtre. Les livres abandonnés sur le bord du lit envoûte son esprit. La belle songeuse, s’échappe de la méridienne, le lieu n’a pas de prise, elle s’évade hors du temps, chaque seconde égrène l’instant, le présent soudain passe et s’efface, hors du temps elle fixe et suit la gouttelette qui frappe le carreau puis glisse doucement et disparaît sur le rebord de la fenêtre.

M.Odile Jouveaux

Le retour du fils prodigue

 

 

Contemplation du tableau de Rembrandt conservé au musée de l’Ermitage à Saint-Pétersbourg.

Il est là ! Il se détache parmi les autres tableaux. Il attire le regard, engloutit la pensée

s’installe dans l’espace et le temps. Je me perds à l’intérieur de la scène.

Le père

Il y a si longtemps que tu es parti, si longtemps que je t’attends, qu’as-tu fait de tes talents ? Chaque jour depuis ton départ j’ai scruté l’horizon, le chemin poussiéreux a gardé la trace de tes pas, j’observe ta silhouette qui s’éloigne à grandes enjambées, je te suis du regard jusqu’au virage où tu disparais dans l’ombre du soir. La blessure est immense. Bien sûr la vie continue sans toi. Ton frère, resté fidèle m’est d’un grand secours. Pourquoi es-tu parti? Lire la suite

Fugue – l’épreuve du retour

Je m’appelle Ulysse, je ne suis pas un roi, Ulysse simplement parce que c’est beau. C’est ma grand-mère qui m’a « nommé » Ulysse, ça la faisait rêver. Ulysse, Ulysse ! me disait-elle, emporte-moi sur la route, cache moi dans ta roulotte, partons pour un grand tour du  monde, de l’espace, de la lune aux étoiles, frôlons le soleil, noctambules joyeux, Ulysse  pousse la porte de l’exil, traverse le désert, affronte l’océan, ne te retourne pas, un jour tu reviendras,  tu me raconteras, tu m’emporteras  dans ton Odyssée, Ulysse ne tarde pas, je veille sur le pas de la porte à l’entrée de l’Éden, j’espère nos retrouvailles,  j’écoute en somnolent ton récit . Ulysse ton Odyssée berce mon cœur Lire la suite

Virées nocturnes

Allez, en route, cette fois c’est bon ! Pas de bruit, tu ne parles pas, tu ne râles pas, tu me suis comme d’habitude. Tu te débrouilles seul pour traverser le ruisseau. Je suis devant toi, je trace le chemin, tu n’as qu’à suivre, c’est tout. Je suis sûr que cette fois on atteint le sommet de la montagne et là, oui, je te jure que tu pourras choisir une étoile et te lancer dans l’espace, sans crainte, oui, je te jure je l’ai déjà fait et tu vois bien, je suis revenu. Par endroit, on traverse une forêt, le vent déferle du haut de la montagne, c’est mystérieux, c’est envoûtant, ne t’inquiète pas on en revient toujours, et toujours on recommence. Lire la suite