Le semainier de la science

Musée du Gros-Horloge / Rouen

Lundi // Les frères Lumière

Ne bougez plus, nous allons fixer l’instant ! Gardez la pose, souriez…

Ah ! quel cinéma nous faisaient-il ces deux-là, Louis et Auguste. Tous les lundis, ils commençaient leur semaine par un cliché. Chaque cliché devait être pris à un endroit différent. En une année, les frères Lumière avaient collectionné 360 photographies de différents quartiers de Paris. C’est d’ailleurs, en les classant dans un album et en faisant défiler les pages en file indienne sans interruption, qu’ils eurent pour la première fois l’idée du cinématographe.

 

Mardi // Isaac Newton

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Abécédaire du Gros-Horloge

Les Aiguilles te fixent l’instant, c’est un laps.

Ainsi vont mes jours, au bruit du Balancier qui sans nonchalance égrène mon temps.

Encore un peu, encore un jour, encore une heure et ma trotteuse ira sans fin, faire le dernier tour de mon Cadran.

Rien n’est rendu plus estimable que la Durée, pour mesurer le temps.

Autant admirer le travail du forgeron que celui de l’horloger, quant à la frappe précise du marteau sur le burin et celle du burin sur l’Enclume.

Il n’est, pour nous relier à l’histoire du Gros-Horloge, que le Fil-du-temps.

La Guerre de cent ans, puis la Renaissance c’était il y a si longtemps, et pourtant le beffroi est toujours là. Le temps ne fait rien à l’affaire.

La Lune, le soleil définissent le temps. Aujourd’hui, une parcelle de ce temps est divisée en 24. Et demain ?

Au beffroi comme ailleurs, le temps est lié au mouvement Perpétuel.

Didier D’Oliveira

La Delorean de mes rêves.

« Il ne faut jamais couper le moteur de la DeLorean, faute de rester coincer dans un univers parallèle. » C’est ce que m’avait recommandé Robert Zemeckis, le célèbre réalisateur de ‘Retour vers le futur’.

J’étais dans ma grange, entouré de mes tracteurs, de mes faucheuses et de ma moissonneuse. C’est là, que j’avais installé mon atelier. Mon travail du moment, restauration et de customisation de ma DeLo, venait de s’achever. Je me suis installé à bord de l’engin fabuleux. J’ai appuyé sur le starter. Le moteur s’est mis à vrombir. Les poils du chat se sont redressés. Les fétus de pailles se sont envolés, j’étais tout excité. J’ai enclenché la première, passé la seconde dans un bruit infernal d’échappement. Le cheval s’est cabré, les vaches ont beuglé à tue-tête. Les gens du village ont crié l’hourra, l’extase a gagné. Dans mon calcul, la grande ligne droite conduisant à la nationale devait suffire. J’avais tout juste appuyé sur l’accélérateur extratemporel que déjà, je ne voyais plus la terre.

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Ne pas perdre de temps… (chronoécriture)

Partir, c’est m’en aller, mais… ?

Toujours pour plus, je suis insatiable, gourmand, impétueux.

Je suis en arrêt, la pendule me regarde, le balancier s’est figé.

Prolonger la vie encore un jour, encore une heure, un instant, le temps de voir, le temps d’emporter.

Partir sans retour, il est trop tôt pour ne pas se retourner et oublier le temps passé.

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Oyez !

Tu entends ce que j’entends ? Toute la famille de France s’est déplacée pour leur départ. Le retour au pays, pour un tel événement, ça se fête. Tambours africains, danseuses burkinabé, Djenné en tête, mariage ici, mariage là-bas, naissance, frénésie des grands évènements. Mélange ethnique, accordéon côté français, flonflons, bal musette, la joie de vivre. Les mariés tanguent, les mariés valsent, puis reviennent au rythme du Djembé.

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Mémoire sonore

Mercredi matin, vers huit ans… sept ans… ou neuf ans.

  • Clap ! claps ! Le clap clap feutré des chaussons qui montent l’escalier, léger bruit toutefois, souple et rapide.
  • Ziiiip ! Un zip, deux zips, la tridule des anneaux qui glissent sur leurs tringles, ma mère tire les doubles rideaux.
  • Woulf! les draps qui bruissent, cotonneux comme bruirait un petit lapin de dessous sa maman. Dernier emmitouflage, ultimes secondes d’un confort douillet.

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La cave

Maison de ville, briques silex, porte basse, fenêtres à petits carreaux, poutres apparentes dans chaque pièce, deux étages plus grenier, maison banale de Normandie, construite dans les années 1850, à l’ombre, côté nord de l’imposante église romane du village.

La maison a son histoire propre, sans doute, mais rien, que je ne puisse vous livrer sinon, d’y avoir vu vivre mes grands-parents ; je me souviens de pièces austères pavées, en rez-de-chaussée comme à l’étage, de tomettes rouges.

Rien ne m’attache à cette maison, si ce n’est la cave. Lieu de repos de mon grand-père. Il y avait installé dans l’entrée, un tonneau retourné ainsi que deux petits tonnelets qui servaient de siège.

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