La photo

J’entre dans la chambre et époussette rapidement les meubles. C’est vite fait, elle n’est pas encombrée et je ne suis pas regardante sur le ménage. Je ne m’attarde pas. Pourtant, ce matin-là, en arrivant à la petite table basse et la petite chaise d’enfant le chiffon hésite, marque une pause, puis lisse doucement le bois verni. Une bouffée de nostalgie m’étreint soudain. Je renouvelle mon geste comme si je voulais faire apparaître sur le pin clair, pareil à un miroir profond, la trace d’une empreinte, d’une image qui se serait imprimée ici et qu’il suffirait de révéler avec un chiffon qui en chaufferait la surface à la façon d’un révélateur photographique. Je sais pourtant ce qui émanerait de cette image en négatif. Lire la suite

Le carnet

Il était en cuir rouge avec la tranche dorée et fermé par un élastique rouge, aussi – format A6 10,5 par 14,8 cm – petit et pourtant riche. Toujours sur moi, il était le témoin de mes découvertes, de mes apprentissages, de mes savoirs. Je l’avais divisé en trois parties égales, la première pour les numéros de téléphone des personnes que j’aimais, le milieu pour noter les dates importantes pour moi, naissances, décès, réussites, voyages etc… et la dernière et là,  je le prenais à l’envers, les livres lus et les films vus adorés. Il devait rester inviolable comme une partie de mon corps et en tout état de cause le rempart à mes pertes de mémoire. Lire la suite