
Il est assis au coin de la rue sur un pot de peinture, tient entre ses mains la perche qui supporte le pinceau. Il regarde au bout de la rue, attend depuis longtemps la petite fille au ballon-cœur. Pour l’attirer, rien de plus simple : il trace des lignes parallèles qui traversent la rue, grimpent sur le mur et s’épanouissent en une fleur jaune qui semble dire : je suis là. Il attend. Ne voyant rien venir, il se lève ramasse le pot de peinture, endosse la perche-pinceau, arpente la ville, choisit une autre rue, imprime son passage sur le sol et le mur. La ville se pare de ses fleurs jaunes écloses soudainement sur les murs sans âmes. Puis, il attend, il attend la petite fille au ballon-cœur. Les passants le connaissent, les enfants sautillent sur les traits jaunes qui les conduisent vers la fleur épanouie sur le mur. Impassible et muet il poursuit inexorablement son histoire, son rêve sans fin. Notre peintre s’inscrit dans la ville, il fait parti du mobilier urbain

