Nous passions souvent les vacances d’été à la ferme de mes grands-parents. Les sons de ce lieu me reviennent à l’oreille : le caquètement des poules quand elles venaient de pondre, toutes fières de l’annoncer à la ronde ; le chant du coq le matin ; le meuglement des vaches à l’étable ou dans les champs quand on leur apportait l’eau et le foin ; le bruit métallique du premier jet de lait dans le seau ;
ESPECES D’ESPACES
Juste une tranche…
Il l’a pourtant fait ; écrire une tranche de vie.
Il aurait pu nous parler longuement des délices de la Savoie en été, et de ses sentiers escarpés. Du Verdon et son canyon majestueux, de l’Alsace et des Vosges aux couleurs éclatantes, de la forêt Noire en contrescarpe, du Mont Dore et du Mont Chauve au crâne pelé, il aurait pu…
Sur les traces de Klee

Max est allongé sur le ventre, visage tourné vers la mer. Il sort de sa léthargie. Il ne se souvient de rien, ni où il est ni pourquoi, ni comment il est arrivé là, juste devant ce chemin rectiligne qui fuit vers l’horizon. Il est seul. Pas de bruit sinon le ronflement des vagues qui se brisent sur les galets.Le soleil est au zénith. Il fait très chaud. De part et d’autres de cette voie tirée au cordeau, d’autres chemins se côtoient mais jamais ne se croisent dans une succession de divisions du sol en carrés, rectangles longilignes et fins, étroits,plus larges, tous teintés de couleurs bleutés, roses, orangés, vertes disparaissant à l’horizon dans une harmonie de bleus , espace infini, grandeur éternelle.
Singulière rencontre
Je vivais seule au bord du lac à un mille de tout voisinage, dans une cabane que j’avais bâtie avec la ferme intention de survivre grâce à ce qui m’entourait, coupée du monde… enfin… presque.
Jouer les Robinson n’était pas ma tasse de thé mais j’éprouvais alors le besoin de silence, de paix, d’étendues, d’espace. Être seule ne m’effrayait pas. Me rapprocher de la nature dans ce qu’elle a de brut et de sauvage était plus hasardeux.
Texte d’un endroit où j’ai passé deux ans
Quand j’écrivis les pages suivantes ou plutôt en écrivis le principal, je vivais seule au pied d’une montagne à mille de tout voisinage, en une maison que j’avais bâtie moi-même, au bord de la rivière d’ASHIM en Norvège, et ne devais ma vie qu’au travail de mes mains.
J’habitais là deux ans et devint connue sous le nom de l’Hermite Blanche la recluse.
Avant …
Elle cherche l’horizon mais tout est obstrué par des murs de béton.
Le bruit des vagues lui revient en premier mais ce n’est qu’un bruit : où est la mer ? Qu’ont ils fait de l’horizon ?
Elle avait gardé tellement de souvenirs. L’air saturé d’iode lui chatouille les narines.
Elle ferme les yeux et entrevoit les images d’avant : un scooter cahotant sur les sentiers caillouteux, un pneu crevé sur une route, les paysans accourant avec des chaises pour que les filles puissent s’asseoir, de l’eau et du raisin.
Underground
Ils sont là, avec leurs yeux hagards et fatigués ; hommes noirs sur les quais noirs.
Underground…
Où est la couleur bordel !
Je les vois qui entament la danse des guerriers ; guerriers d’un monde impitoyable, zombies dansant d’un pied sur l’autre, la tête penchée sur les portables.
Fuck ! Bande de minables !
La lumière des portables troue l’obscurité du tunnel.
Au bord de la Gagnières
Quand j’écrivis les pages suivantes, ou plutôt en écrivis le principal, je vivais seule, dans une clairière pleine de lumière, à un mille de tout voisinage, en une maison que j’avais bâtie moi-même en pays ardéchois, au bord de la Gagnières, rivière torrentueuse qui tire son nom des pépites d’or qu’elle abrite et ne devais ma vie qu’au travail de mes mains.
J’habitais là deux ans et deux mois; à présent me voici pour une fois encore de passage dans le monde civilisé.
Ce n’est pas la Gagnières qui me procurait de quoi vivre. En effet les pépites d’or n’ont d’intérêt que pour celui qui aime l’argent ou qui souhaite en gagner ; or l’argent ne m’intéressait guère.
Odyssée de l’espace : espaces sauvages, sauvages espèces
L’espace, dernier espace sauvage ! Le seul, le vrai, aux dessus de nos corps mêlés.
Enfin, c’est ce que l’on croyait.
Guerre de l’espace : tous veulent y aller. Et tous y vont.
Russians, Amerloks, Chinesses et les petits hommes verts… et nous, pourquoi pas.
Gagarine, le premier petit tour dans l’espace et redescend dans la steppe ou le désert. Je ne sais plus bien. Mémoire défaillante. Sans importance.
Tombé du ciel à travers les nuages, Quel heureux présage pour un aiguilleur du ciel,
Amstrong et ses potes, eux aussi on les a un peu oubliés. Sur la lune sont allés. La lune, pleine, celle affoleuse du loup garou et et des loups tout court, qui courent, qui couvent espèces sauvages.
Ma vie au Barrada
Quand j’écrivis les pages suivantes, je vivais seul dans la montagne, à quelques kilomètres de tout voisinage, en une maison que j’avais bâtie moi même au bords du gave tumultueux du Barrada, au dessus de Gèdre même au dessus de Gèdre dessus (prononcer déssus) dans les Pyrénées et ne devais ma vie qu’au travail de mes mains. J’habitais là deux ans et deux mois.
Ce qui m’avait conduit là… la vie familiale à bout de souffle, ma compagne avait trouvé un nouvel amour, un plus jeune… Il paraît que ce sont plutôt les hommes qui s’amourachent d’une plus jeune à la cinquantaine. Et bien le contraire aussi existe.
Le burn-out au travail, ce travail qui prenait tout mon temps, mon énergie, me suçait jusqu’à la moelle. Les nouvelles normes à mettre en place, les nouveaux process, les nouveaux collègues aussi jeunes et fringants… la déprime d’abord, la dépression ensuite…
Il me fallait tout lâcher, tout quitter, fuir le monde civilisé. Un violent besoin de vide, de faire le vide.
Alors le Barrada !
Le Barrada est une vallée austère, encaissée au cœur des Pyrénées.