Singulière rencontre

Je vivais seule au bord du lac à un mille de tout voisinage, dans une cabane que j’avais bâtie avec la ferme intention de survivre grâce à ce qui m’entourait, coupée du monde… enfin… presque.

Jouer les Robinson n’était pas ma tasse de thé mais j’éprouvais alors le besoin de silence, de paix, d’étendues, d’espace. Être seule ne m’effrayait pas. Me rapprocher de la nature dans ce qu’elle a de brut et de sauvage était plus hasardeux.

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Texte d’un endroit où j’ai passé deux ans

Quand j’écrivis les pages suivantes ou plutôt en écrivis le principal, je vivais seule au pied d’une montagne à mille de tout voisinage, en une maison que j’avais bâtie moi-même, au bord de la rivière d’ASHIM en Norvège, et ne devais ma vie qu’au travail de mes mains.

J’habitais là deux ans et devint connue sous le nom de l’Hermite Blanche la recluse.

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Au bord de la Gagnières

Quand j’écrivis les pages suivantes, ou plutôt en écrivis le principal, je vivais seule, dans une clairière pleine de lumière, à un mille de tout voisinage, en une maison que j’avais bâtie moi-même en pays ardéchois, au bord de la Gagnières, rivière torrentueuse qui tire son nom des pépites d’or qu’elle abrite et ne devais ma vie qu’au travail de mes mains.
J’habitais là deux ans et deux mois; à présent me voici pour une fois encore de passage dans le monde civilisé.
Ce n’est pas la Gagnières qui me procurait de quoi vivre. En effet les pépites d’or n’ont d’intérêt que pour celui qui aime l’argent ou qui souhaite en gagner ; or l’argent ne m’intéressait guère.

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Odyssée de l’espace : espaces sauvages, sauvages espèces

L’espace, dernier espace sauvage ! Le seul, le vrai, aux dessus de nos corps mêlés.

Enfin, c’est ce que l’on croyait.

Guerre de l’espace : tous veulent y aller. Et tous y vont.

Russians, Amerloks, Chinesses et les petits hommes verts… et nous, pourquoi pas.

Gagarine, le premier petit tour dans l’espace et redescend dans la steppe ou le désert. Je ne sais plus bien.  Mémoire défaillante. Sans importance.

Tombé du ciel à travers les nuages, Quel heureux présage pour un aiguilleur du ciel,

Amstrong et ses potes, eux aussi on les a un peu oubliés. Sur la lune sont allés. La lune, pleine, celle affoleuse du loup garou et et des loups tout court, qui courent, qui couvent espèces sauvages.

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Ma vie au Barrada

Quand j’écrivis les pages suivantes, je vivais seul dans la montagne, à quelques kilomètres de tout voisinage, en une maison que j’avais bâtie moi même au bords du gave tumultueux du Barrada, au dessus de Gèdre même au dessus de Gèdre dessus (prononcer déssus) dans les Pyrénées et ne devais ma vie qu’au travail de mes mains. J’habitais là deux ans et deux mois.

Ce qui m’avait conduit là…  la vie familiale à bout de souffle, ma compagne avait trouvé un nouvel amour, un plus jeune… Il paraît que ce sont plutôt les hommes qui s’amourachent d’une plus jeune à la cinquantaine. Et bien le contraire aussi existe.

Le burn-out au travail, ce travail qui prenait tout mon temps, mon énergie, me suçait jusqu’à la moelle. Les nouvelles normes à mettre en place, les nouveaux process, les nouveaux collègues aussi  jeunes et fringants… la déprime d’abord, la dépression ensuite…

Il me fallait tout lâcher, tout quitter, fuir le monde civilisé. Un violent besoin de vide, de faire le vide.

Alors le Barrada !

Le Barrada est une vallée austère, encaissée au cœur des Pyrénées.

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Éloge du désordre – l’espace sauvage

Environnée d’un jardin réduit à l’état de friche, la maison émerge d’un fatras d’herbes folles, de ronces, d’orties. Sur le seuil de la porte d’entrée entre baillée, serrure brisée, des toiles d’araignées pendouillent des poutres poussiéreuses.

Saleté, immondices jonchent le sol. Dans l’évier casseroles, assiettes, couverts nagent dans une eau où flottent des moisissures duveteuses et grisâtres. Odeurs immondes, humidité des murs ruisselants de gouttelettes mêlées à la graisse de la friteuse où l’huile s’est figée.

Pas à pas s’introduire dans ce lieu dévasté, à rebours, à reculons retrouver quelques traces d’une vie chamboulée, d’une vie disparue.

Agripper la rambarde de l’escalier barré de fil de fer barbelé, enjamber un tas de vêtements jetés ça et là au pied de l’armoire grande ouverte qui dégueule ses entrailles sur le tapis crasseux et puant, se frayer un chemin entre un tas de photos déchirées et un dictionnaire ouvert à la lettre M, comme misère, malheur, maboule, mort. Atteindre l’étage obstrué par des bâches en plastique, des briques, du plâtre, de quoi construire un mur, mur de colère, mur de rage, de folie.

Comment fuir ce chaos, sortir de l’enfer de la folie qui hante cet espace .Accroché à la fenêtre dans un carcan de fil de fer rouillé le petit ours en peluche élimé veille sur le jardin Il a perdu un œil, muet, à lui seul, il porte le chagrin. Mais alors, comment

Effacer l’histoire, pouvoir s’évader, s’envoler, oublier.

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Éloge du désordre – la couturière

Quel bourbier ! Enchevêtrements ! Les bobines de fils de couleurs sont mêlées, indissociables. Non pas tirées à quatre épingles mais ébouriffées… Agonie de la couturière… La boite à couture merdique à deux étages, a explosé sur le sol. Renversée – les dés, collectionnés depuis la nuit des temps ont sauté et les bobines ont explosé, comme si une main inconnue les avaient fait rouler. Comme disait ma grand-mère les dés à coudre doivent se porter avec doigté pour filer. Les dés à coudre ont été portés de génération en génération, certains simples d’autres raffinés, élégants, bordés d’or et d’argent.

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