Sylvaine Dockerty

Moi, Sylvie, qui suis-je

Pour avoir échappé à ça ?

Est-ce possible de n’être que religion ?

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Ton angoisse résonne en moi petit garçon

Que je sens déambuler perdu et effrayé au milieu de ces stèles noires

J’étais Sarah, de ton âge

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J’ai été ordonné, aligné, rangé, commandé, affamé

J’ai été anéanti, amaigri, affaibli

J’ai été joseph

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Est-ce vraiment une place, est- ouest, nord-sud, je m’y perds aujourd’hui comme hier,

Serais-je cernée ? Entourée ? De murs ? D’avenues ? D’immeubles ?

Toujours bloquée et empêchée, serais-je toujours la même ? Rachel murée à perpétuité ?

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Pourquoi suis-je en colère, pourquoi me suis-je tant énervé sur cette place ?

Est-ce la hauteur, la violence du bruit, le lieu ?

Est-ce quelque chose que moi, Paul je ne domine pas et que, malgré tout je ressens ?

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Suis-je conforme, suis-je dans les rails, suis-je dans les clous, suis-je comme une faux ?

Pourquoi ne le suis-je pas ?

Suis-je pour toujours un éternel questionnement, une éternelle remise en questions ?

Pourquoi ne puis-je pas être moi, Marlène ?

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Ai-je été un automate ? Pourquoi ai-je été si aveugle et si stupide

Ai-je ressenti un bienêtre à me croire supérieur ?

Comment puis-je me reconnaître, m’accepter ?

Moi en tant que Karl, allemand ?

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Est-ce la fin ? suis-je libérée de ce fonctionnement débile ?

Ai-je le droit à nouveau à une identité ? à une autre réalité ?

John, le texan, le fermier le cow-boy, c’est devant Checkpoint Charlie

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J’erre !

L’histoire encore vivante,

L’histoire terriblement proche

 

Je suis accablé, je cherche encore le titre de mon prochain livre

Mais concernera-t-il l’Allemagne

Ou Berlin seulement ?

 

Aller cours ! Vas-y traverse !

C’est maintenant ou jamais !

Saute sur l’occasion cours !

 

Pauvre petit garçon effrayé, te voilà maintenant bien surpris

Pas évidant de découvrir le monde, les villes, Berlin, ses beautés et ses tourments

Mais je t’en prie laisse-toi aller, ouvre-toi, imprègne-toi de ce qui t’entoure !

 

Lis-moi ! je t’assure tu vas aimer !

Laisse-toi glisser entre les pages de mon livre

Comme tu t’es laisser glisser sur la Spree, et reste libre !

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J’aimerais tant pouvoir me reposer, me calmer et profiter de ces instants de paix

J’aimerais tant pouvoir oublier, me réinventer et grandir

J’aimerais tant… Karl, un allemand

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Sais-tu que c’est moi, Joseph ?

Sais-tu que c’est mon histoire que tu vois ?

Sais-tu que je ressens ces arrêtes et ces angles pointus et ces parois froides ?

Sais-tu que je suis devenu anguleux ?

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Tandis que je perce,

Tandis que j’opprime,

Tandis que je domine

 

Tandis que je réfléchis

Tandis que je subis

Tandis que je souffre

 

Tandis que moi

Tandis que toi

Tandis que

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Quelqu’un au fond du gouffre, quelqu’un coincé au fond du mur

Quelqu’un qui pourrait être toi

Quelqu’un qui pourrait être moi, Marlène

Sylvaine Dockerty