Des cuisines…

La cuisine de Mémé à Ger.

Une petite pièce sombre, l’évier était magnifique, en pierre grise taillée dans la masse mais sans robinet, et oui… pas d’eau courante. Le broc rouge trônait à coté. On allait le remplir à la fontaine, et souvent on s’arrosait un peu. La cheminée, qui fumait et noircissait tout, on se collait dedans, sur le banc avec les cousins, pour se réchauffer, se sécher, et écouter les histoires de sorcières que nous contait Mémé.

La cuisine du PCL. Notre premier logement…

Le même évier en pierre grise mais du robinet coulait l’eau, par contre évacuation directe dans le Gave, les toilettes aussi d’ailleurs. La fenêtre au dessus ouvrait sur le Gave aussi et le bruit des pierres et galets qui roulaient sans cesse dans le courant me faisait très peur.

La cuisine chez Pépé et Mémé.

C’est une ferme. Petite ferme mais grande cuisine. Faut bien ça pour le jour de la cuisine du cochon. Le cochon est tué dehors dans la cour. Les hommes s’activent pour l’attraper, le ligoter, le cochon hurle et Pépé le saigne. Moi je me cache, j’ai peur. Les femmes s’agitent à la cuisine, font bouillir des récipients d’eaux sur la cuisinière, sortent multitude de couteaux, de plats, d’ustensiles divers. Y en a partout.  Moi je me blottis dans un coin, je gêne.

La cuisine de Nestalas.

La cuisine pièce à vivre. Aucun souvenir de l’évier. La pièce maîtresse ici : la cuisinière à charbon. Seul lieu pour se chauffer, chauffer l’eau, cuisiner, elle ronronnait toujours. Admirable l’hiver, exécrée l’été, on étouffait. Alors on se réfugiait au grenier, déguisé en chambre pour l’été. Sous les toits sans isolation, ça chauffait aussi. Faut dire aussi qu’« au refuge », on était parfois bien nombreux à vivre nos expériences début d’adolescence. 

La cuisine à Pourtère.

Début de l’ère moderne, une pièce dédiée, avec gazinière, réfrigérateur et même une machine à laver deux bacs, un pour tremper,  un pour essorer qui faisait le bruit d’un hélicoptère, des placards intégrés sur mesure… quel luxe ! Papa déversant la moisson du jardin, du poulailler, des lapinières, Maman aux fourneaux et moi cherchant à l’imiter. Conserves, coulis, piperade, haricots, confits… Je montais en Normandie le coffre chargé, tout était prêt pour passer l’hiver. C’est bien connu côté alimentation la Normandie c’est pas terrible ! Cette cuisine , est toujours à sa place et sauf l’électro ménager … rien n’a changé. Ah oui, on l’a repeinte cet été.

La cuisine à Cierrey. La nôtre depuis 35 ans enfin surtout la mienne. Marc y officie peu. Pas grave. Cuisine aménagée comme ils disent dans les magazines mais toujours un peu bordélique aussi. Faut bien que ça vive une cuisine, c’est pas un musée. Moi j’aime bien ça cuisiner, pour faire plaisir, pour partager…

La cuisine à Paris.

Le retour à l’essentiel… Une petite pièce couloir, deux plaques à induction, un mini four, une bouilloire et une machine à café. Elle me rappelle ma cuisine d’étudiante. Il suffit de descendre dans la rue et tout est à portée. Je vais devenir faignante…

Nicole

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