Quand la foudre ramasse ses outils dans les carrières désertées, quand à ses côtés j’apprends à regarder les méandres des arbres, quand une fontaine gothique côtoie les graffitis d’un théâtre municipal, quand mon corps aussitôt reconnait sa danse et que je ne suis plus un corps mais une rue,
Quand la fête commence et que les tambours cavalent et palpitent, que les feux follets conduisent à la noyade ceux qui les suivent, quand il file d’un continent à l’autre, quand les alertes clignotent sans cesse sur les téléphones portables, quand il a appris leur langue et découvert l’usage du monde, quand de l’autre côté du trottoir une placette offre au soleil deux vieux bancs de bois surplombés d’un arbre champêtre, quand la Méditerranée houleuse contrariée par la tramontane est aussi intranquille que l’Atlantique, quand il a posé ses valises dans ce lieu choisi qui deviendra sa maison, alors les îles ne sont plus que des rêves épars aux brumes de la mer.*
Dominique Pierre
*Theodor Storm