Les îles ne sont plus que des rêves …

Quand sa mère menace de le virer du pavillon familial, qu’il se trouve confronté à un paradoxe : trouver un taf pour se payer un permis, passer son permis pour trouver un taf, quand l’artiste parle de son instrument, le violon, qu’il rappelle sa spécificité – instrument nomade par excellence,

quand Irina marche dans un parc, que le violon aux accents humains fait battre son cœur, quand des canards indifférents au barouf rasent la surface de l’eau, que l’équipe technique se met en place, piétinant la menthe sauvage dont le parfum emplit l’air de la forêt, quand on peut construire quelque chose et qu’on peut le déconstruite, quand je me compare à un arbre, que mes racines sont 100% africaines et mes branches 100% françaises, quand nous nous sommes rendu compte que le Code noir n’a jamais été officiellement abrogé, et que des députés se sont approchés de nous pour travailler à son abrogation, quand le rappeur ressuscite une histoire vraie du temps de l’esclavage, quand la colère perpétuelle ne permet pas de construire, qu’il faut entendre la révolte, alors… les îles ne sont plus que des rêves épars aux brumes de la mer* 

M. Odile Jouveaux

*Theodor Storm

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