Ce matin je suis malade me lever est impossible. Je suis dans le tambour d’une machine infernale qui tourne à mille tours. Je vole vers le plafond, je plonge vers le sol, je ferme les yeux, c’est pire, une nausée effroyable m’étreint, impossible de me lever, je m’effondre, le manège s’est déréglé, plus rien ne l’arrête. Au secours, ! Où ai-je foutu mon téléphone, lui aussi se déplace, je ne peux le saisir… Depuis quelques temps déjà les alertes clignotent, du vert à l’orange, de l’orange au rouge, je me dis « va falloir faire quelque chose ». La crise passe, j’oublie. Pourquoi attendre la « cata » ?
Parce que je n’ai pas envie de voir, d’entendre, parce que j’ignore les petits signaux annonciateurs d’une usure programmée, hélas.
Pourquoi ne naît-on pas tatoué DLV (date limite de vie), au moins on se préparerait. En fonction du poids, de la taille, du sexe, de la généalogie, de la couleur de peau, pourquoi on ne nous assigne pas un temps limite de vie ?
Parce qu’il y aurait des petits malins qui tricheraient, qui trafiqueraient le CVA (code de vie assurée) ! Tu aurais des gros malins qui changeraient de sexe en fonction de la date limite de péremption… D’autres arriveraient à brouiller les pistes au point d’ignorer la date de naissance, la date de vieillissement programmé, la fin de vie proposée (avec euphorisant ou non)
Pourquoi depuis la nuit des temps on ne trouve pas l’élixir de vie qui ferait de nous des êtres sans fin, sans limite d’âges. On croiserait tonton Cro-Magnon , papy Sapiens, on chasserait le bison, ils se connecteraient avec l’espace, la lune, les étoiles. Je leur donnerais les codes d’accès, les mots de passe, ils me fileraient flèches, arcs, sarbacanes, je courrais, je chasserais, je pêcherais tandis qu’ils s’enverraient en l’air depuis leurs cavernes en tenue léopard à bord d’un vaisseau spatial …
Holà ! je divague c’est le vertige qui me détraque !
Parce que tu sais bien que c’est impossible, tu sais bien que ça n’arrivera pas. Reviens sur terre, connecte-toi à la réalité, installe une alarme de surveillance en cas de chute, si tu as le réflexe, si tu es suffisamment lucide pour appuyer sur le bouton, ils viendront te chercher. Sinon, sinon quoi ?
Ben ! Tu attendras au fond de ta cave qu’on vienne te secourir ou peut-être on viendra mais…trop tard..
Pourquoi ?
Il n’y a pas de pourquoi, parce que c’est comme ça et BASTA !
M. Odile Jouveaux