Nuit d’été

Aux herbes couchées je confie mon désir de m’allonger et de laisser mon esprit divaguer au gré des senteurs et des bruissements légers qui m’entourent. Les yeux mi-clos, je laisse la douceur de la nuit m’envelopper et me bercer et mon corps relâché se donne et se fond dans l’obscurité ouatée. Je ne sens plus qu’un flottement agréable, je suis poussière, graine légère attirée par les étoiles qui scintillent et m’invitent à les rejoindre dans leur ronde céleste. L’espace est infini, infiniment peuplé de myriades de petits astres clignotant, tournoyant qui se jouent des limites, qui se moquent du temps, qui m’appellent et murmurent au vent céleste des chants de sirènes apaisants. Le temps n’est plus. Passé et avenir envolés s’effacent sans laisser de traces. Le présent n’a plus lieu d’être, l’existence n’a plus de sens. Lovée au sein de l’univers sans fin, je n’ai plus de limites, je suis rien, je suis tout, je rêve.

Annie Brottier

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