A travers la ville sans beauté nous marchons en aveugles. Cette ville, tu l’avais choisie à partir d’une liste proposée par l’IA. Quels lieux visiter en ce département de l’Aveyron, celui qui m’a fait grandir ? Ton choix s’est porté sur Decazeville, quelle décadence ! Dans ce territoire plein de beauté, pourquoi ce lieu ?
Parce qu’il est le théâtre d’une bataille minière mémorable me disais tu. Ton passé militant te porte. Tu m’entraînes vers le terril de la découverte. Et ça grimpe, et ça souffle ! Cet ancien bassin houiller te met en transe. Te souviens-tu quel était le but de ce voyage ? Je te le rappelle, ressouder un couple à l’abandon comme cette mine. La bagarre entre nous se poursuit. Surtout ne pas proposer du beau, rester sur la lutte, ouvrière comme amoureuse. Pourquoi me provoquer jusque sur mes terres. Ce harcèlement m’épuise. Et tu en profites pour me démontrer que je suis futile et que la mémoire historique m’est inaccessible. Pourtant j’ai suivi la visite du musée de la mine à Aubin. J’ai joué à l’apaisement, « surtout lui faire plaisir! » J’ai simulé l’engouement pour l’engagement de Jaurès, celui-là même qui continue à t’enthousiasmer.
J’aimerai tant que tu me regardes avec l’intérêt que tu lui portes.
Mais non, la sortie du trou ne se fait plus, les échelons sont usés.
Parce que le harcèlement est dépassé, la reconstruction est en marche.
Parce que je te quitte.
Je me rends seule à Najac où « à travers la ville d’une grande beauté , JE, marcherai éblouie ».
RMQ