L’infini de la nuit

Installée : coussin de fougères sous le corps, face pile exposée au ciel, cache-nez de mousse, bras écartés ouverts et impatients, visage détendu, yeux grands ouverts sur l’infini de la nuit. SEULE.

Toute lumière éteinte

Tout bruit absent.

Je respire la beauté.

Qui suis-je pour appréhender cet univers ?

Toute petite, les étoiles me font exister. Si éloignées soient elles, ce tapis lumineux envahit. Des lueurs, la lune discrète, des étoiles filantes, des déchirures d’avions supersoniques, quelle activité dans ce noir qui n’est pas. Le grand chariot est clair, prêt à m’emporter vers mes morts chéris.

Feu d’artifice silencieux d’étoiles vivantes. Oh ! Celle-ci pénètre le corps et se dissipe. Procure une joie filante.

Je suis vivante en communion avec cet univers, beauté du ciel qui apporte le bonheur.

Instant présent joyeux, tous les sens en éveil, la mémoire imprime, désir de partager avec les êtres aimés. Toutes les joies passées et à venir débordent : maternité, jouissances amoureuses, beauté d’une peinture, d’une musique, d’un paysage, côte, montagne, volcan.

Je suis poussière : l’infini projette la mort. Je me rêve étoile brillante, très brillante, guide suprême du pèlerin égaré.

Quel gouffre ! Quelle interrogation !

Un avenir bien terne.

Et un silence complet et définitif.

NON, un grognement, des feuilles froissées.

Le sanglier attaque, la rêverie cesse.

RMQ

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