Je vois l’enfance
Je vois la balançoire et le lait crémeux
Je vois les parents disparus
Je vois une prairie à l’odeur de foin
Je vois les pommiers en fleurs
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Je les verrai toujours dans mes souvenirs
Je vois les années 70
Je vois la joie de la liberté
Je vois les espoirs infinis
Je vois la confiance dans l’avenir
Je vois l’imagination au pouvoir
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Je verrai toujours l’autre monde possible
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Je vois les cigales dans les oliviers
Je vois le violet des lavandes
Je vois la mésange bleue
Je vois la vague turquoise
Je vois l’encre dans le porte-plume
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Je verrai toujours le bleu de tes yeux
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Je vois le marché d’Otavalo
Je vois les costumes tissés à la main
Je vois les tresses brunes des femmes
Je vois les arums dans leurs cheveux
Je vois les mangues et les goyaves
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Je verrai toujours ce paradis des couleurs
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Je vois le temps passer
Je vois les saisons se succéder
Je vois les rides apparaître
Je vois mon corps se fatiguer
Je vois mon ouïe diminuer
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Mais je verrai toujours le goût de la vie
Dominique Pierre