Ce matin là, je me lève dès l’aube. Pas de temps à perdre, on dit qu’il est compté. Comment combler ce temps ?
L’aube, enfin c’est plutôt quand je veux. Plus d’obligations de réveil depuis peu de temps. C’est déjà une première merveille. Prendre le temps, perdre son temps… comment savoir !
Je me lève donc, le pied droit en avant, je quitte la maisonnée sans bruit, tous sont encore endormis.
Je pars naviguer sur la rivière avec mon paddle. C’est certain, là sera mon inspiration. Je vais écrire, je dois écrire, je le sens.
Je me tiens debout, la pagaie bien en main, propulsée lentement, je descends portée par le courant. Les berges défilent et les couleurs d’automne magnifiées par le soleil levant me ravissent.
Ah, ces couleurs j’hésite, déjà. Écrivaine ou peintre ? Où sera mon succès. Je vois déjà le tableau qui s’étale sous mes yeux.
J’arrive au quai, amarre le paddle, direction la boulangerie. Je remplis mon sac à dos de brioches et autres gourmandises et retour vers la maison.
La maisonnée est réveillée et hume bon le café frais. Les cris de joie m’accueillent, enfin accueillent les provisions surtout. J’apprécie ce moment où tous et toutes réunis pour un copieux petit déjeuner, on partage les rires, les petites disputes, les histoires de la semaines, les joies et les petits chagrins… Quel bonheur !
Tous vont vaquer à leurs occupations du week-end. Ma table de travail m’attend.
Soudain la maison résonne du saxo de Léa et de la basse de Sophie. L’écriture attendra un peu. Je m’enfonce dans un sofa pour écouter leur concert improvisé. Comment fait on pour combiner sons et silences avec une telle harmonie ?
Peut-être devrais-je me remettre au piano et au chant ? Le chant, c’est tellement relaxant.
La matinée ainsi passée, mes voies de succès attendront encore un peu.
La famille s’égaye autour de la table à nouveau, puis décide d’une promenade à la recherche de champignons. Nous ramassons feuilles et fleurs des champs pour finaliser l’herbier de Jo, des glands et des marrons pour la collection de Jade et quelques cèpes dans le panier. La joie des enfants est toujours intense et rafraîchissante. Nous contournons le domaine viticole de Laballe, et Nicolas nous offre quelques belles grappes de raisins. Il nous conte sa prochaine cuvée. Elle sera merveilleuse, pas très importante mais de qualité exceptionnelle. Il est intarissable. Son enthousiasme est communicatif. Sur le chemin du retour, je rêvasse à nouveau. Pourquoi ne pas participer aux vendanges et apprendre œnologie ?
L’omelette aux cèpes vite engloutie, enfants et petits enfants sont partis. La journée a été bien remplie.
Point de travaux d’écriture, le chevalet n’est pas sorti, le piano est resté muet…
Le temps est passé mais le temps n’a pas été perdu. Quelle belle journée !
Nicole