Deux fantômes ! c’est là, quand je rêve dans l’ombre,
Qu’ils viennent tour à tour m’entendre et me parler.
Un jour douteux me montre et me cache leur nombre.
A travers les rameaux et le feuillage sombre
Je vois leurs yeux étinceler
Victor Hugo
Ils surviennent sans bruit à la cime de l’arbre
Paraissent, fin du jour, bercés au souffle du vent,
Je rêve, je m’évade sur ma couche de marbre
Persiennes closes, somnolente j’attends,
Soleil levé, fantômes effacés.
M. Odile Jouveaux
Esprits ténébreux, fantômes nébuleux
Tour à tour ils se cachent et se jouent de mes nuits
S’amusent à me poursuivre, se moquant bien entre eux
De mes peurs, mes angoisses, mes soucis amoureux
Et du sommeil qui me fuit
Toujours ils me surprennent quand mon esprit sommeille
Qaund je ne pense à rien, détendu et serein
Alors ils se faufilent glissant à mon oreille
Des paroles amères, des désirs criminels
Que je ne maîtrise point
Fantômes redoutables, maîtres de mes pensées
Serai-je un jour à même de vous bannir
De vous chasser si loin, qu’enfin délivré
Je puisse sans vous craindre me laisser aller
A jouir de la vie sans frémir
Annie Brottier