Au fond de la vallée

Fond de la vallée

Nuages effilochés

Accrochent les sapins

S’éparpillent vers le ciel

Aux cris des merles qui babillent

Alerte : le soleil s’est levé.

L’eau de la fontaine déborde

Se perd, court vers le ruisseau

Traverse le chemin

Arrose copieusement

Les roches mousseuses et glacées

Sur la route centrale macadamisée

Du fond de la vallée

l’ambulance pressée

Hurle sa mise en garde

Garez-vous, poussez-vous

Je passe !

Le merle tout excité

Jase de plus belle

Roulement de voitures

Sur la chaussée humide

L’ambulance s’éloigne

Au fond de la vallée

La forêt immuable s’éveille

Un vent souffle, agile,

Secoue la cime des sapins

Gouttelettes légères s’éparpillent

Sur les mousses, les lichens grisonnants

Qui se dorent au soleil

Des pas lents et rythmés

Remontent le chemin caillouteux

Grincement de la grille

Qu’une main calleuse entre baille

A l’ombre de la fontaine

L’homme récupère le seau

Emplis d’eau fraîche

Il repart de son pas tranquille et rythmé

Repousse la grille qui grince sur ses gonds,

S’éloigne posément, au seuil de la journée.

M.Odile Jouveaux

Laisser un commentaire