
Fin du jour, au soleil couchant. Il embrase le ciel de ses derniers rayons suspendu à la cime de l’arbre, hésite, freine sa course, halo rougeoyant qui glisse silencieusement hors de l’espace et du temps.
— À quoi rêves-tu ? me susurre la voix
— Qui es-tu ?
— Qu’importe … porte, entre dans la forêt au bord de la lisière, suis le sentier, approche sans crainte.
— Qui es-tu ?
— Qu’importe porte, je suis là où tu ne m’attends pas. Quand tu sentiras sa chaleur, quand tu éprouveras sa lumière, alors il poursuivra sa course. Par delà la cime de l’arbre le soleil rouge t’emportera.
— Qui te dit que je veuille le suivre ? Je ne suis pas pressée. Qui es-tu donc pour gérer ma destinée ?
— Qu’importe porte, tu peux rester à la lisière. Demain il reviendra. Un jour, tu verras, tu basculeras à ton tour dans cet au-delà. Tu pourras choisir : au levant, au couchant le soleil rouge t’attend.
Seule assise sur le banc face au tableau je sors de ma torpeur. Le soleil rouge est au centre de la toile. La voix s’est éteinte, je fouille du regard le peinture, je cherche, ne vois rien, j’attends qu’il apparaisse. L’astre rouge impassible engloutit le ciel. J’espère un prochain départ. Alors je prendrai mon essor sur les ailes de l’ange.
M. Odile Jouveaux