Exposition Zao Wou-Ki, au centre Pompidou

Fasciné par une expérience unique, aquarelle, encre, lithographie, les couleurs sont fantastiques les noirs, les bleus … fasciné, toutes ces œuvres m’émeuvent. Soudain c’est plus fort, je suis littéralement happé face à une lithographie Mémoire de la liberté .

Je suis happé, par ce chemin tracé tout droit, ce chemin qui se déploie blanc, immaculé creusé dans la forêt, forêt stylisée verte et jaune … un appel vers la liberté.  Au-dessus un ciel rougeoyant, un ciel de feu, conduit vers une immensité bleue… la mer ? Le ciel ?

Je suis happé, j’entre dans le tableau, sur ce chemin et je me retrouve, il y a longtemps, enfant.

Ma grand-mère, mémé me racontait des histoires, des contes le soir, assis sur le muret en contrebas de la Maison, de là partait le même chemin, lui aussi bordé par les buis verts, les spirées et cornouillers jaunissants en fin d’été. Bien sûr, des arbustes mais pour l’enfant que j’étais alors c’était une forêt comme celle-ci dans le tableau. Toujours le soleil nous faisait face, plein ouest, énorme, rond, pesant, écrasant d’un rouge profond lui aussi.

Mémé, le soleil il va nous écraser, il arrive sur nous … c’est un astéroïde !  Je veux rentrer.

Le tableau se mit en mouvement, dans le coin en bas, à droite sous le fourré, Mémé, mémé, entrez !

Mémé riait, me rassurait et continuait ses histoires, peuplées de hodas, de demaïselas, de brouches, de princesses, de nains…

Alors le Petit Poucet, retrouva son chemin, grâce aux petits cailloux…

Souvent, moi aussi j’ai déposé de petits galets, des cailloux blancs sur ce chemin.

cailloux, …chemin,  you you, la main !  reprend la voix

Avais-je pensé à haute voix ? Qui reprenait mes mots ? Regards inquiets autour de moi. Non personne ne fait attention à moi, juste ces téléphones qui crépitent prenant photos sur photos.

Je retournai au chemin et à mes pensées. Comme le Petit Poucet, je dévalai le chemin, jusqu’au bout … jusqu’au vide, ce gouffre bleu dans le tableau.

La maison était construite en crête, et le chemin amenait à un petit belvédère en haut de la falaise. Au-delà le vide. Mémé criait,  kaxu, attenciou ! On s’arrête ! Garçon …

De nouveau la voix, Kaxu, chu chu, … Garçon, son son …

Ce tableau était vraiment magique, c’est évident. Ce tableau c‘était mon enfance, la maison de ma grand-mère, le chemin tant de fois emprunté, cette voie de découverte, ce chemin de jeux et de liberté et cette voix qui ne parlait qu’à moi tel un écho de ma grand-mère…

Nicole

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