Fugue – l’épreuve du retour

Je m’appelle Ulysse, je ne suis pas un roi, Ulysse simplement parce que c’est beau. C’est ma grand-mère qui m’a « nommé » Ulysse, ça la faisait rêver. Ulysse, Ulysse ! me disait-elle, emporte-moi sur la route, cache moi dans ta roulotte, partons pour un grand tour du  monde, de l’espace, de la lune aux étoiles, frôlons le soleil, noctambules joyeux, Ulysse  pousse la porte de l’exil, traverse le désert, affronte l’océan, ne te retourne pas, un jour tu reviendras,  tu me raconteras, tu m’emporteras  dans ton Odyssée, Ulysse ne tarde pas, je veille sur le pas de la porte à l’entrée de l’Éden, j’espère nos retrouvailles,  j’écoute en somnolent ton récit . Ulysse ton Odyssée berce mon cœur

Je m’appelle Ulysse, je vais, je vis, je tourne, j’oscille, je renais. Je reviens sur mes pas, je chantonne, la Toccata en ré accompagne ma fugue. Retour sans lendemain, incurable utopiste, je reviens de loin.

M.Odile Jouveaux

Laisser un commentaire