Éloges de la fuite

On a fait le tour de son jardin

On n’a plus faim

Briser les attaches enracinées

Quitter les habitudes, les visages connus,

Les rues mille fois parcourues

Le gris des nuages, la pluie, le froid

Partir, fuir, s’envoler

Appel du grand Large

Larguer les amarres

Se perdre dans l’espace inexploré

Se réveiller dans une chambre inconnue

Dans un parfum lourd, envoûtant, enivrant

Au chant insolite de l’oiseau-lune

De l’âne qui brait à l’aurore

Avec les voix des femmes

debout les premières

Au rythme du pilon

Tam-Tam Tam-tam Tam-tam

Accompagné par le concert assourdissant

Des insectes bruissant

Dans la chaleur électrique

les couleurs aveuglantes

Des fruits à portée de main

Ruisselants dans la bouche

Le village entre l’Océan et le fleuve

Loin de l’écho du monde

Là on ne pense pas au lendemain

On savoure chaque matin

L’illusion de renaître

Dans un univers nouveau

Dominique Pierre

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