Un pauvre homme passait dans le givre et le vent.*
Il couine, la foule autour piaille,
Boum, il chute hélas,
Qu’il aille, aïe,aïe insensible au givre et au vent.
Le chemin est court, du présent à l’au-delà
Il n’a pas froid, il est froid.
Sa narine ne frémit pas, le vent le quitte.
Un pauvre homme passait dans le givre et le vent.
Boum il chute hélas,
Qu’il aille, aïe,aïe
Insensible au givre et au vent.
Il sera conservé par le froid.
Ses effluves seront balayés par le vent.
Il deviendra pour la première fois fréquentable.
On voisinera sans peur, élu de tous, pleuré et encensé,
Il passera son chemin en triomphe, porté à dos d’hommes.
Un pauvre homme passait dans le givre et le vent.
Qu’il aille, aïe, aïe, boum, il chute hélas
Insensible au givre et au vent.
Célébrissime dans l’absence.
RMQ
* poème de V. Hugo - Le mendiant (Les Contemplations)