Romance or no romance ?

image générée à priori par l’Intelligence Artificielle

Nuit de la Saint Valentin. Les candélabres de la place s’allument, les pavés luisent. Il a plu.

La lune est à son zénith, pleine ronde, elle illumine la fontaine majestueuse sur laquelle trône une statue. Sous le halo de la lune,  Éros ou Cupidon, ce serait plutôt un romain ici. Il est prêt à décocher ses flèches,

La rue est déserte. Elle file droit vers le fleuve qui s’étire là bas en contrebas. De part et d’autres, les maisons semblent toutes presque semblables, même hauteur, même style, seules les couleurs des façades différent un peu. Elles aussi semblent désertées, volets fermés. Aucune vie ne s’échappe de ce paysage urbain. 

Presque glauque le décor. Tout est figé, tout semble attendre.

Soudain, on entend le cliquetis des talons de la fille, c’est Juliette, qui court , qui court, à perdre le souffle, court sur la pavé glissant, glisse… et s’étale au pied de la fontaine !

Roméo sorti de sous un porche, n’a rien pu faire et on entend.

COUPEZ !

MOTEUR !

Même décor, même scène. Rue déserte. Juliette court, on entend les cliquetis des talons sur le pavé, elle file à perdre haleine. Roméo,  son Roméo l’attend. Ils vont quitter la ville, l’embarcation les attend sur la fleuve…

Mais  qui m’a fichu cette robe étroite, et ces chaussures au moins 18 cm de talons… . Elle a mal à la cheville depuis sa chute précédente, une entorse c’est certain.

Elle approche de la fontaine, mais ne voit pas Roméo, caché derrière un candélabre.

Elle n’en peut plus. Elle craque. Elle éclate en sanglots.

COUPEZ, COUPEZ !

Le metteur en scène s’énerve. Quelle équipe de bras cassés, j’ai un budget à tenir moi. Faut en finir avec cette scène. Là, maintenant,  la lune est au poil, juste au dessus de la flèche de Cupidon.

 

DERNIÈRE PRISE. MOTEUR !

Juliette court, claudique plutôt, elle veut aussi en finir. On entend le cliquetis sur les pavés….

Elle court, aperçoit Roméo, le visage masqué sous son chapeau, prés de la fontaine, elle se jette dans ses bras, l’étreint et pousse un cri effroyable.

Elle s’effondre à terre, elle gémit, une mare plus sombre coule autour d’elle sur les pavés brillants.

 

COUPEZ,COUPEZ !

Les techniciens, le metteur en scène accourent, l’incompréhension se lit sur leur visage, puis l’effroi lorsqu’ils découvrent Juliette dans une mare de sang, une lame fine encore plantée au niveau du cœur. Juliette, ou plutôt Anabelle Caput qui jouait le rôle,  s’éteint dans un dernier souffle, comme on dit au cinéma.

On retrouva Eric Montaigu, Roméo, inerte, assommé, sous le porche qu’il n’avait pas quitté.

On visionna les rushs, un homme portant un chapeau qui masquait ses traits, un grand imperméable était tapi dans la pénombre au pied de la fontaine. Malgré la lumière de la pleine lune, on ne put l’identifier.

Personne dans l’équipe ne put donner une quelconque information.

L’enquête se poursuit. 

Nicole

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