Alléluia !, psalmodiaient avec béatitude prêtres, chamans, imams, bonzes ou rabbins, tous les représentants des croyances divines de par le monde.
À la naissance d’un monde nouveau ! célébraient dans l’ivresse rois, présidents, empereurs, dictateurs, tous les représentants du pouvoir de par le monde.
À l’avènement de l’apocalypse !, scandaient les foules exaltées dans les rues des villes de par le monde.
À une destinée nouvelle ! chantait avec bonheur le reste de l’humanité, dans les maisons ou dans les champs de par le monde.
Et où que l’on se trouve, une clameur universelle s’élevait. Une liesse, une jubilation sans pareil avait saisi les hommes et les femmes de la Terre entière et les enfants, gagnés par l’allégresse et l’alacrité de leurs aînés, comme enchantés par l’excitation collective, sautaient de joie et joignaient leurs cris aigus aux chants et exclamations de leurs parents. Les rides des vieux se creusaient d’un sourire de contentement et d’extase et ils disaient de leur voix chevrotante : Enfin, c’est le moment … C’était la fin, la fin d’un monde de misère, de souffrance et d’injustices, de guerres inutiles et destructrices, c’était la fin imminente d’un monde dépassé. Et l’humanité à l’unisson s’enthousiasmait de l’arrivée d’un bonheur nouveau, de la naissance d’une ère de félicité où chaque créature vivante trouverait sa place. C’était la venue de l’apocalypse, la révélation tant attendue d’un monde meilleur.
Annie Brottier