Tu entends ce que j’entends ?
Tour du monde sonore
Le brouhaha d’une rue perdue
dans une de ces capitales bruyantes,
New-delhi, Le Caire, Mexico, Ouaga ?
Tac tac du tacot rafistolé
Chant sorti du fond des âges
Au rythme du tam tam « Bafahouélé »
Répété, entêtant, envoûtant
Le monde danse et chante et pleure
frappe, frappe,
Tape des mains, clap-clap
Tape tape du pied
Te quiero el flamenco ?
La jupe rouge enroule
Son corps souple comme une torche
Elle flambe, elle tourne, virevolte
Comme ces couples qui valsent
Au son de l’accordéon
Oh le petit vin blanc qu’on boit sous les tonnelles
Quand les filles sont belles
Loin des villes bat le cœur de la forêt,
Obscure, humide
Les sources jaillissent du fond de la terre
Les nuages crèvent
dans un bruit assourdissant
De la touffeur des tropiques
s’élèvent les chants d’oiseaux
Comme un chant polyphonique
A l’autre bout du monde
Un train traverse la steppe
Dans les nuits sans lune
le vent souffle fort
Tchou tchou train avance
La neige étouffe les bruits de la vie
Retour en Europe
Voix humaines, voix de femmes
On vend de tout à la criée
Des fruits, des cigarettes à l’unité
Les bébés balbutient
Leurs premières onomatopées
Petite musique familière précédant
l’annonce de l’arrivée ou du départ
d’un train en gare de, où ?
En Italie avec son accent chantant ?
Coup de frein, tout le monde descend
L’église sonne, horloge du temps qui passe
Tic tac.
Dominique Pierre