Ils sont là, avec leurs yeux hagards et fatigués ; hommes noirs sur les quais noirs.
Underground…
Où est la couleur bordel !
Je les vois qui entament la danse des guerriers ; guerriers d’un monde impitoyable, zombies dansant d’un pied sur l’autre, la tête penchée sur les portables.
Fuck ! Bande de minables !
La lumière des portables troue l’obscurité du tunnel.
7h30 : lumière artificielle, visages blafards, yeux ensommeillés ; j’attends le wagon qui m’emmènera au boulot ; les bancs se vident des clochards qui se sont abrités là pour la nuit. Ils partent d’un pas chancelant vers une autre misère, celle du jour, celle de la rue. Personne ne les voit, personne ne les regarde, personne ne leur parle, personne ne se parle ; les yeux plongés dans les portables…
Bordel de vie !
Je regarde où en sont arrivés les hommes, êtres humains déshumanisés, lieux déshumanisés, espaces sauvages.
Ils peignent leur silence sur les couleurs chagrin des murs et leurs regards glissent vers des contrées vides.
Underground !
A l’aube du 21 ème siècle les hommes se muent en guerriers, et la nuit se réveille avec ses grands voiles d’obscurité ; elle nous rend silencieux en nous touchant du bout des doigts.
Underground !
La vie n’attend personne au bord de la route.
Puis nous montons tous vers la lumière, là où les oiseaux chantent encore, au dessus du tunnel, là où d’autres grouillements se forment, là où l’on peut voir le ciel, plus bleu que les murs de béton, là où d’autres danses se forment, là où les putes vont enfin se coucher, la culotte poisseuse de foutre.
Emportés par la foule qui nous traîne, nous entraîne !!! la la la la la la la !!!
Clarysse